LIVRE SECOND
impossible à Daphnis de prbféref'ilne seule parole : la yiolence de la douleur Pétouffoit ^ et ils refttoient : tous deux daiis un profond silence y occupes à chercher. Cependant 'Daphniâ s*étant inserisiblement approché de- Philis^ Pentendit géotiir; et la.' regardant en face ^ il 1a ^it pleurer.
-Tii pleures , in£dellè ! lui dit-il ; tu pleures! PhiliSy jetant ses yeux inondés de larmes ma' Daphnis, le vit pleurer , et lui dit aussi : Tu pleures y. infidelle l puis elle sanglota./. . Qui ^ pleure , iilgrat, pleure en "voyantùne £lle que tu rends à jamais maliieurçus^ l\A, ûes mots, Philis cach4 toutà-coup dans ses mains mignoâes son bean TMage bfû^é' de larnkes; et ses sanglots aoiile^oient sa go^gé , «t l'émpédioient de parler. Daphnis^ se^précipite alors à ses pieds; il saisit une -de /ses. mains; il la presse > pVéiii d*ardéuit , contre Sa bouche ; il la baigne de ses plènrsi AhiÇhiHs! ^...
Al^ ! infidelle! pleure' f oui, pleure sur mon infortune ! Bei^«r injuste i dit Philis , tu me nomuies^ infidelle , 'moi qui t'aime pardeysustout. Tu-me rendà 'malheureuse ,
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perfide ! Ta aimes une entre bergère. A ces mots , Daphnis se leye précipitamment i Moi , s'écria-t41 , moi , moi infidèle ! 6 Dieu ! que je sois puni ^ si )e le suis ! C*est Philis qui est infidelle l c*est Philis . « • « . elle aime Lamon ! Oui, c^est toi* N*as*tu pas coiipé les écoi ces des arbres où nos noms étoient écrits l Laokon* , . Lamon lui* même, qui m*a trouvé tout à l'heure am bord du ruisseau , m*a dir t Que cbei'clœs»
tu i Philis , sans doute. Pauvre Daphnis i elle ne t*aime plus ; c^estmoi iqu^elle aime. 4je matin , elle a coupé elle^nême leftéçop* ces des arbres , pour effacer' juaqu'aux tracés de ton souvenir.
Philis resm surprise et interdite , son front devint plus Serein ^ ses sanglots- s'asf^ réterent : enfin , elle se précipita au cott de Daphnis/ Nous avons été; trompés., s'écria^ t-elle. Ahl le cruçl JLamOn ! Nous .avons été trompés, te dié je. Hier, mon cher Daphnis , hier je pleurai, ^ci , parce que tu n'y i^enoiS ^as ; (et je^nt'les yeux de tous côtés, je vis .les écorees des arbres coupées. Quel fbt mon trouble ! Mes gOf
LXY&B &BCOND. ^Ç
jiouit fléchirent sous moi , je ne savoia qite penser ) lorsque I^unon sortit du bo^ cage* Pauvre Philis ! me dit l'îaopostenr^ tu cherches Daphnis y tu es étôtmêe de trouver les noms coupés , et tui ne isata paa encore tout. Ah! &ut>*il que je ,t*apf prenne c;ette fatale nouvelle ? Tu ignorea encore qne Daphnis t^est infidèle. Oni^ Daphnis te trahit! Hier il vint- ici av«c une autre bergère y et je le vis couper lès noms gravés sur l'écorce des arbres» Je reux! t'oublier y Philis y dit • il ; je veux t*oublier pour toujours. Alora , il embrassa éa bergère et s'en retourna avec eUe. A ces mots que nie dit' Lamon ^ je tombai à lierre y et le trompeur me veleva^ Pauvre Philis y me dit-il y viens , : Je YtAs te con>> duise.à ta cabane : ne te.c|iagrine ^às^ le perfide ne mérite pas tes lacmeiB; • <. . Ah ^ Philis! si tu m'aimois^ tu s^rois heureuse.
Mon grand troupeau et ines rastés 'praiï* ries seroient k toi. Ainsi dit le''foorbei«à me conduisant à ma cabane. Odiênr! que fai pleuré ! que j'ai passé «ne. triste nuit! et aujourd*htti , . Daphnis ^^ 4|ue: a'ai-je paa
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souffert 1 J*irai y disoîs-je , î*irai le fioir au boi>d de la fontaine , où fai . aï souvent reposé dans les bras du' perfide ; )*y pleà' rerat^j^y mourrai de désespoir. Je suis Tenue y je t*ai trouvé : j*ai été saisie à fa vue y cependant j'en ai été ravie : je n'avois point de ruban à cbercber,' mais je voulois paroître fâchée. Ah , qu41 m'en a coûté \ Je me suis mise à pleurer : tu ai pleuré aussi , mon cher Daphnis ! Ah ! quel bonheur de nous être retrouvés !
. Le cruel! s'écria le berger ; ah ! que pQus ^mnies heureux que son imposture Ae nous ait pas abusés plus Iong«temps!
Ma cheré Philis l'Mon cher Daphnis K se disoieàt-ils' en s'embrassant tendremeikt^ et en se' serrant l'un contre l'autre. Ah !
reprit Daphnis , me pardonne-tu de t'avoir prue infidellel Et toi ? dit Phtiis. . . . Puis ils ipleurbiént y et ne se pàrloient que par leurs 'bassers : Daphnis 9 plein d'ardeur^ liu.baisdit£fo& liront blanc y ses joues, ses lèvres et: ses yeux inondés de larmes ; et Philis lui forma une Cburonne de b»ser^ ton t autour, de. son beau visage.
ItTHE SECOND* Bl
Lft bergère lui detii!aBd& ensuite ^ pour* quoi il tte s*étoit pas rendu la veille auprès de la fontaine î II répondit y en racontant comment le fleuve Tavoit emrainé»< Phili« trembla : il b^oublia pas de parler des pè* chenrs biénfaisaiis» Philiâ remercia les dieux y et les pria de bénir les pécheurs»
Eilfin ) il lui raconta l'histoire du vieillard qu'une troupe . d'hommes vicieux avoient chassé de sa ville paternelle y la manière dont il l'avoit conduit en remontant le Aeute» La bergère ^ pleine de compas»iou pour le vieillacrd , et ravie de pie d'aimer lîA berger aussi sensible , l'embrassa ^ toute traBS{H>rtée : elle l'eût aimé encore i^us qu^aupàravant , s'il eût été possible d'aimer davantage. Philis lui apprit ensuite qu'eUe fltvôitdi^ à sa mère qu'elle a voit été . cheE le père de Daphnis ; combien elle avoit été attendrie ^ lorsqu'elle avoit «tttendu parler d'Amyntas , son père ; et tskBxif^ qu'elle lut avoit ordonné de le con« dluire dans sa cabane.
Aiaintenant viena avec moi^ mon cher
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Daphnis , lui dit-eHe , en lui serrant la main. O ma cliere Philis ! dit-il y je suis le plus heureux des mortels! Ah! comment fti-je pu douter de ton amour ? Je ne mérite pas que tu m^aimes. Non , je ne mérite pas. . » . . Soudain y Philis lui donna > avec transport, un baiser sur ses leyreSy pour Pempécher d'achever les reproches qu'il se faisoit à lui-même.
Cependant ils traversoient le bocage et B^avançoient vers la cabane de PhiiliS. A peine furent-ils arrivés sous le toit de feuillage , qué Philis se mit à crier : Ma mère !
Toici mon cher Daphnis que j'amène. Aussitôt elle courut dans la cabane , suivie dé Daphnis; et la mère de Philis vint avec foie au-devant de lui. O fils du plus vertueux , du meilleur des amis ! les dienx TOUS ont destinés à vous aimer mutuelle^ ment , et ils vous- béniront. Elle fit asseoir Daphnis à côté d'elle ; et Philis ayant apporté des figues , des grenades et du raisin^ s'assit à côté de Daphnis. Philis prit la plus grande grappe ; et mettant le prelxûer