‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 3 sur 47 · I.IY&B PBEUIER. l · texte numérisé non relu

I.IY&B PBEUIER. l

M se téTellle , il T«ît senerr^r, i} joint tristement sea bras déçus , et pousse uft profond soupir» Ci- dorant, au lever de la. belle aurore , on i'éiitendoit répéter ses diansohs : maintenant il ne . chante plus f H sort en silence de sa cabane; mais, vèTédur^ il. conduit son petit troupeau; dans l^s pâturages., lies bergers y assis ensemble , 4^7 liYroiént à la joie , en se racontant les ayentures qu'ils avoient eues à la fé^tedca nymphes. I^'tin étaloi^ un ruban dont on lui aToit fait présent ; l'autre une guirlande ,- arec laquelle sa besrgere lui aroît ceint le front : celui-Hi montroit des fleurs qifil avoit détobées sur le sein d'une belle 9 et celui-ci chantoit une chanson liou* Telle qu'il ayoit apprise d'une jeune fille dans le bateau* Daphni8( ^ 4ui tantût les éc^utoit) tant^ avôit l!atr idietnjut ^ le«u: r«t;onta > à son t^r , . d'uU; rtQ« < .f^saioimté i et avec des Igeste» tirès-^niméa , ttsmaxt^ • il «t^it TU.lu plus belle des beangetes *. al(»ra le$ : bergers m*fiil« I sç mirant à «riue , en disant: Daphmft ^ : tu «a^tefiSîçeite bergère!) il Youlut le : nier \ ' luals \^\ betgecs > r lé

l6 BAPHNIS*

fegArâast fixement , le firent rong^ , et îU rirent encore bien dayantnge.

Cependant son amonr ^ qni avgmenioit ée Jour en j6nr ^ lui fit éviter la compagnie des bergers. Il ne menmt paitre son troupeau que dans des lieux solitaires , et aux bords des ruisseaux qui se perdent sons les ombrages les plus épais. Bient^ il ne se plaîsoit plus sur ces bords; il s'enfonçoit dans le Ikms, ensuite il se fapjH'Ochoit du fleUTe' : là , il jetoit la vue sur l'autre riye ^ et pleuroit de se Toir séparé de sa bergère. Ainsi gémit et se plaint la colonlibe, hKrsqu'elle voldge douloureusement autour de l'arbre sous lequel le villageois inhumain a tué sa compagne. Les bergers s'apperçurent bient^ que Dapbnis leur manquoit; ils l'aîmoient tous : Où est Daplmis ? se disoient - ils.

Noos ne'iioas^réfoàissons plus si bien dé-^ puis qnli nous abandonné : il étoit l'ame de nos amnsemens^ et lé plus enfoué de nos bergers. Oétoît lui qui savoir le phtS de chansons^ et'iqaifonOit lé m^eux du ch&'^ kimeau. Les bérgeirett' deniAAdoleÀt ftuSsi y

Z.iy|l£ PIIEM.IER. IJ

OÙ est Daphnis V ^^ lorsqu'elks ent^ildoient parler de son amour, la tristesse s'empiiroit de plulsi^iurs d'entre elles.

Souvent Daphnis éipit assis tristement au bord d'un ruisseau , ou au fond d*un boisi :

là y tout éreillé , il se laissoit aller à des rêveries qui lui peignoient tous les de* tails de la passion dont il est sans cesse occupé. Il lui sembloit donc qu'il voyoit sou amante , qu'il lui apprenoit son amour , qu'elle rougissoit, qu'il luiserroit la niain. Couvent même son imagination va pljUS loin ; il lui donne un baisier ; eUe Vjsut s'échapper) il embrasse ses genoux,, et il pleure ; elle; SQupire , elle so^rjt , et se repose à côté de ^i ;, il, l*açcable jde baisers ; ellje l'embrasse à son tour } ilU pressa contre sa; poitrine : alors une p/en- 1^ plus vraiç^ mais plus tristç , se pi^é-* sente tont-à:COup à soiv le^^rit ; c^tte amante qu'il croyoit voir, e^ç loin de lui , il ne la reverra peut-être jamais ; il tressaille de frayeur ; il reste un mopient accablé , et il répand des larmes* Ensuite courant à son bafieau , il pasAft à, l'uutre xive , et

i8 DAPHKIS.

cherche sa bergère. Il parcourt le rirage^ il gravit sur les collnes ; de-lk il plonge ses regards alrides dans la vallée > et j^rre ses pas errans datis les plai&es et le long des ruisseaux. Aittsi tour à tour son iitia<^ ginatiou trompée agiteit intérfeutemeUt son ame ; et ses désirs inquiets l'excitoient à de vaines récherches : mais il reveuoit toujours plus désolé. Ce sera donc toujours en vain , Vécria-t-il , toujours en vain <jue je te chercherai ! je veux parcourir toutes les prairies , je veux te cherdier dans tous tes bocages et aux bords de tous les ruisseaux. Ah dieux ! quel bonheur ^ si' jamais je te retrouvois !

Quel ^rbre te rteçoît maintenant sous son oinbre ) iô la plui belle des mortelles 1 se disbît-il souvent. Quel doUx zéphyr te raj&aiehit de son sèuffle , et se jouedaas les ondes de ta chevelure % Sommeilles-tu au bord de quelque ruisseau ? S'il est ainsi , coulez sans bruit , flots ^u ruisseau ? Ah!

sur-tout n^allez pas la tronblei* dâans ses songes y si j'en suis l^jet. Mais roules avec Ù9caa y flots du riiisseau, troubles

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8bn sommeil y si elle rêve à un autre ber* ger. Dieux ! si elle rêve à un autre ! . . . • Si elle aimoit un autre » si son bras délicat scrroit ttn autre , et âî un autre que moi ra* TÎssoit des baisers sur ses lèvres vermeilles*, ah dieux! ail dieux ! que ferois^je 'i que deviendrois-je l Je veux fuir , je yeux mVnfievelîr dans un antre , fy veux gémir 1, je veux .... hélas L . . . mourir de douleur.

Déjà Pamour Pavoît fait souffrir depuis la saison des fleurs j us qu*à celle de la récolte. Cette saison étant venue , les moissonneurs hâlés, se rendirent, enchantant, aux diamps oà les appelloient les jaunes épis , et Daphnîs les aidoit : car pendant la. moisscm la garde des troupeaux n'étoit confiée • qu*à un petit nombre de pasteurs.

Les moissonneurs s^avançoient donc en longues files sur les épis que les uns scioi^nt de leurs faucilles brillantes , pendant que les autres les lioient en gerbes ; mais vers< le midi et vers le soir , .ils &*as- ^âembloient à Pombre des arbres voisins pour prendre quelque nourriture , et pour soulager leur fatigue par des boissons frai*

ches. Les laniwoencur» et cens q«i Ikneiit les gerbes, étoiemt sssis en nag , les vm ▼is-à-TÎs «les satres ; et tandis q«e la raste cmciK passoit de ■Mm ea maîa , ils chanioieat des hymnes ea Phoanear de Cérès. ' j» O toi qai te coaronnes d*épis, blonde a Gérés ! nous te rendons gr&ces de Ta- M bondante moisson dcmt tu aoos enri- » chis. » £t ceux qni lioient les gerbes chantoient ensuite : » Vigoureux moisson- » neurs , ne tous reposez pas sur tos fau- » ailes recourbées, a£n que ceux qui lient » les gerbes ne soient pas obligés de res- » ter oisifi. » Les moissonneurs reprenoient : m Doux zéphyrs , ne tous écartez 1» pas du moissonneur brûlé , et pendant a> ces ardeurs de Pété, jouez-vous dans nos »• cheveux flottans. » Ceux qui lioient les tgerbes reprenoient ainsi : » Chante ton -I» air vif et éclatant , verte cigale, qui 1* saute autour de nous ; et toi vaste cma» die , ne sois jamais vuide dans cette ara> dente saison. » Le chœur des mbinoii* neurs reprenoit encore : » Et toi fraîche n soirée , lorsque tu seras de retour , tu

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» trouveras les diamps dépouillés ; et nous , M nous gagnerons nos cabanes çn chantant >> et en foulant au pied le, chaume rac- » courci. » £nfin , ils reprenoient tous ensemble : » O toi qui te couronnes d*é- » pis y blonde Gérés ! nous te rendons P grâces de l'abondante moisson dont ti^ » nous enrichis. »

. C'est ainsi que chantoient les moissonneurs ; et parlant à Daphnis : » Tu n'eç u pa9 gai y disoient-ils , tu ne cliantes pas. » Paphnis soupiroit et se taisoit.

. Sitôt que les ; champs furent dépouillés ^ que la charrue et le semeur eurent passé dfcssusy alors les bergers se rendirent aur près de leurs troupeau^. Daphnis étant assis un jour au bord du fleuve , entendit dans le lointain jouer 9ur deux flûtes ; ja?

mais il n'avoit entendu une telle harmo<»

nie ; sa .poitrine s'enfla d'une tendre volupté. Plus ces doux sons s'approchoient , plus ^on plaisir augmentoit , et son cœur tressailloit d'un doux pressentiment. Ses brebis oublioient l'herbe \ les oiseaux s^ taisoient sur les arbres } et toute la na-

3^ DAPQ^NIS.

tare, dans nn déitdenx silence , paroissbit .attentive. Daphnis écontoît; et nn jeoné èùfant jonant sur deux flûtes y rint à lui.

Cet enfant aroit le chatme qtt*on trouvé à nn boulon de rose ; rien ne couVroit son corps délicat et brillant , ni ses bras blancs et ronds : son visage mignon étoît beati comme celui d'nne grâce-, et sa tète étoit ceinte d'une guirlande de rose , entrelacée dans les boucles de sa blonde chevelure.

L'enfant s'approcha de DaphnÎB , qui fut saisi d'un doux tressaillement. Bei^r, loi dit l'enfant , viens me conduire au-delà du fleuve. Dapfanis aussi -tôt détache lé hk* teau , l'enfant y entre. Les flots , qui d^ot* dinaire assaîlloient impétaeusemeAt'ie bateau , couloient doucement , et venoient seulement baiser le bateau , puis se rëtî* roient avec un doux frémissement.

Ils eurent bientôt traversé le flente ; et l'enfant sauta sur le rivage , disant ; Ber« ger , je suis Amour , le dieu de la tendresse ; va le long de ce ruisseau ; suis son cours , en traversant le bocage ; tu seras récompensé de tes peines.

IIYKE PKEMIER. a3

^ Amwv 4it y ^t,4ûparut; et Dapjboiis vk naitre- touj " * - coup une rose oii Iç di^f 7^9Q^t de âUfpfiTOÎtre. Le berger s^sld'é^ toiineiiifi^t » quitte enfin ce lieu sacré.) e^ court yers le^ Tirisffiiku. Çlw d'gg^tîçn , 4 trft^xiis IjB lH>ç^g«. i$i jaitrpavois PhUisj.,^ car %.,,., ^«IIq a«(lr« ff4cpi9ipeiise me pouriroîn J^ppi^ VAmow^ M«is.... quVsé-jè .e^^^r i A4i4i^uiil nii^ ttomw Phili»!.^.

Snparîtftl «mi) il tn^fchoh d^un pas rar .^ie» At; :3rpfn|>oU les branchages entrelar «éft ^lU 0'j^<M<M(^çM^ à spfi ^nipTies^eni^enj^. ^y^eio^i^ bmïftge w A»pftrj»4ç^u?^ çdtés^ pa»Jfî CQ^r^nnf? unei^ e^t^ayr^irle émai^lé^ 4^:û^^t»^.k\tf^Pfef% b^ueHe le ro^sse^^

Sffs ;:egwrdp ?ie ; fui^^t à peinte étendus sur ç^te ^Qfmtrép, qu'il trduya I^lîs : ^)b i^ ^«pps^it^u bor4 4'«l»e fonjtaine , la, tétp appuyée sur un 4e ses bras , se lÎTrant |i ia plus ▼ira aji^ctipup Que n*e8^il làl ahr!

499 n'<est4 là V Je ceindcois «a tète de içefte guirlande. Abl qne je t>iniei lui 4îj?Qis-je. liiUU.O]^ est-^U Hél^s! bipn lo^ 4^ Bipi. Je ya^a xpinpi^e cea #aurs infUilef^.

34 iïAtHN 18.

Ces mots 'prononces , elle déchira êtt^^Ôet le guirlande , et essuya les iarmès qHî cèiiloient de ses yeux, quaitd tout-à-icbi^i^ ëUè entendit du bruit vêts le Ifoeage :'6llé y jporta là Tue ; c'ëtoît Daphnis. Dîetix ! s*ë*crîa<t'*ellé ^ en se levant atéc préci{iitaltidtt\ Daphnis trouMé , tremblôit comme un «irbre agité par un yent doux; Gep^enliant il Tole auprès d^ellè 'i la bergère s'arrête 'y'te^ cale quelques pas^ il saisit sâ maîn y illia presse contre ses lerres; il soupire sans •pouvoir parler. -Ses regards^lèîns 'de lanceur -^ dans leisquels soii Cceufiétéit ptimî'f et tous ses traUsponiB ëxpriiâés , «efiHént sur Phllis , et rientohtrént^ lès e^èns.'EUè resta interdite ; son cœur palpitoit ; des sdapirs pressés faisèient'sbulerer son sein.

PiiiliSy s'écria tf-îl , en soupjîrànt , Pbifis^ 'hélas! . . . .' je suis trop fdible' pour sup^ poher ce ravissement. DajJhnis ! ah l . .'.

Daphnis ! dît-elle en "bégayant : puis elle se tut' et soupira.' Ah ! reprit-il^ qûè #tttje pas sonfTert depuî» le jottr que jéftfi Vue 1 Hélas ! je ne voyois que toi dttns nos hameaux et dans nbs'^pfttikiràgeii. ' Je ne

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