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siège : Si tu es un des habitans de l'Olympe ^ dit -elle y et que tu viennes nous visiter dans notre demeure , ah ! regarde-nous favorablement , et.... Mais quoi! je te vois arrêté sur le seuil de la porte, tout aussi troublé que nous. Qui que tu puisses être y sois le bien venu. Alors le jeune homme entra dans la cabane, et leur parla ainsi :
Ah ! recevez-moi favorablement dans votre demeure : je ne suis pas un habitant de l'Olympe ; je suis arrivé dans votre île par un moyen extraordinaire y et j'implore votre bienveillance.
Mélide, pendant leur entretien, étoit restée sans mouvement, occupée à considérer la belle stature du jeune homme.
Enfin elle parla ainsi : Oui , les dieux ont enfin exaucé mes vœux. Ils ont produit cette charmante figure pour me tenir compagnie. Âpproche-toi de mes côtés, viens, que je touche tes mains et tes joues colorées comme la rose! Dis-moi, de quelle manière les dieux t'ont-ils créél Ah! sans cesse je vais leur rendre grâces de ce bienfait. Dis-moi , qu'étois-tu il y a un
moment? un arbre? une pierre? Et en parlant ainsi , elle pressoît la main trem« blante du jeune homme contre son sein palpitant. Le jeune homme reprit en soupirant ; O ma bien aimée ! s'il m'est pèr* mis de te nommer ainsi Moi, interrompit Mëlide y ah ! dis4e moi sans cesse s je l'entendrai avec ravissement : me voilà enfin heureuse. Tous mes vœux sont accomplis en toi. Sens, ah! sens comme le cœur me bat de joie! Ma main tremble dans la tienne : jamais je n'éprouyai tant de joie ; jamais je ne sentis ce que je sens.
Dieux, que je suis heureux! s'écria le jeune homme. Depuis long-temps je t'aime par dessus tout. Ah! que mon voyage pé« rilleux est fortuné ! que je suis bien récompensé de mon entreprise téméraire! En parlant ainsi, il pressa la main de la jeune fille sur ses lèvres.
Que fais-tu ? . . . . Qu'est-ce que j'éprouve ? s'écrie Mélide. J'expire de volupté. Tout ce que tu entreprends fait passer dans mon ame un ravissement que je n'ai jamais senti. Mais toi, voudras -tu toujours être
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avec mdl, ili'assister dans toutes mes occapations , et partager tous mes plaisirs 1
Comment y repartit le jeune homme ^ pourrois-je faire autrement y puisque je ne saurois être heureux qu*en te possédant ?
O ma mère ! s'écria ensuite Mélide , que les dieux sont bons d'avoir exaucé mes yœux téméraires , et d'avoir produit cette aimable créature pour me tenir compagnie ! Vois y ma mère : elle est aussi grande que moi; elle n'est pas petite, comme lorsque tu me trouvas sous les rosiers.
Sémire dit alors : Remettons -nous de notre trouble ; asseyeai-vous tpus.deux ai^prèsde moi; et toi, jeune homme, noua . te bjénissons. Tu ne saurois être venu en ce Uçu dans de mauvais desseins. Racontenous d'où, tu viens, et comment tu es venu dans notre habitation solitaire % Il faut que tu aies éprouvé des choses bien extraordinaires.
Ils s'assirent alprs ; Mélide . et le jeune homme se tenoient par la main : il commenta à raconter ses aventures , et co^iment un dieu lui avoit montré en songe
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la belle Mélîde ; eoinmeTit il Pavoît aïméis ; comment il s^étoit désolé sans espé- Tance, ^e voyant séparé d'elle par la vaste mer ; comment il avoit enfin coBst: ult son bateau , et^s'^oit exposé sur 'les flots , dans le tronc creusé d'un arbre, qu'il cônduisoît avec des pieds de tiois ; et comitient , par l'assistance des dieux, il avoif abordé sur le rivage.
Elles écouteïent avec surprise ces aventures merveilleuses; et Sémire reprît : Ce sont les dieux qui t'ont inspiré le dessein 'et le courage d'entreprendre , à travers les ■fldts , ce voyage périlleux. Ah! nous te '1)énis8ons , et nous offrÎYons auxdieux dto Bacrffîces d'actions de grâces: il t'ont conduit dans cette île , pour notre 'bonheur , et n'ont pas voulu me laisser succomber au chagrin qui me consumoft.
Mél ide -poursuivit ainsî : Il se trouve donc un autre rivage et d'autres habitans pardelà cette merl C'est ce que j'ai toujours T)îen conjecture , 'qnoiqttè ma merc me l'ait "tonjours ' caché. 'Et toi, tih! ne t'en rétioarné jamais sur ce -rivage dstns ton tron<:
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creusé: reste avec moi; ne sois qn'à mot seule. Il me semble que je ne pourrois souffrir que tu aimasses d'antres compagnes comme tu m'aimes. Mais, dis-moi; tu ne me parois pas fait comme moi : un duvet léger que je n'ai pas, garnit ton menton.
C'est y répondit le jeune homme, parce que je suis un garçon , et que tu es une fille. Un garçon ! reprit Mélide ; que tu m'étonnes ! Cependant je ne pourrois pas t'aimer davantage, quand tu serois entièrement fait comme moi. O ! que de choses ma mère m'a cachées.
- Sémire sourit à ces mots , et ordonna à sa fille de préparer les plus beaux fruits pour le souper. Aussi-tôt Mélide, amenant le jeune homme avec elle , alla cueillir les plus beaux fruits. Insensiblement, au milieu de leurs embrassemens et de leurs tendres entretiens , ils oublièrent les fruits qu'ils cherchoient, et portèrent leurs pas dans le lieu du rivage oà étoit le bateau.
Regarde, disoit le jeune homme, regarde , ma bien aimée! Voilà le tronc qui m'a fait traverser les flots de la mer^ et qui
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jyi'a conduit dans tes bras. Elle y courut soudain y remplie d*une tîtc admiration.
O invention merreilleuse ! s'écria -t-elle^ à témérité! Se confier aux vastes mers^ dans un vaisseau qui ne peut être que le jouet des vagues, comme la feuille volante d*une fleur est le jouet des vents les plus doux dans les airs ! Et c'est ton amour pour moi qui t'a inspiré tant de courage ! O mon bien aimé ! comment puisje te remercier de ton amour? Mais dismoi; quest-ce que je vois là d'attaché aux deux côtés de la barque 1 Sans doute, ce sont les deux pieds de bois, à l'aide desquels, semblable au cygne, tu as dirigé ton voyage. Je te salue , tronc creusé. Je te salue, arbre des rives lointaines. Ta es plus beau à mes yeux , ainsi étendu , dépouillé de tes omemens, que tout autre orné de la plus belle parure du printemps.
Béni soit le lieu que tu as ombragé. B.én nis soient les ossemens de ceux qui Von| planté. Que le printemps prodigue toutes ses beautés dans le lieu oà il repose!
Mais toi, mon bien aimé Ainsi dit-
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elle au jeune homme ; et pendant qu'elle lui parloit , et qu'elle le tenoit étroitement embrassé, une larme de tendresse s'échappa de son œil : Ah ! je t'en conjure ^ ne m'abandonne pas, ne remonte jamais dans ce tronc creusé y pour quitter ce rivage. Ah! si jamais tu le quittois, puissent alors les yagues irritées y sensibles aux plaintes que ra'arracheroit ton infidélité , te rejeter ici dans mes bras ! O ma bien aimée ! reprit le jeune homme en essuyant par mille baisers les larmes qui couloient sur ses joues , que tes craintes sont injustes! Puisse la première vague m'engloutir dans les abîmes , si jamais je quittois ces bords dans ce détestable dessein! Et comment pourrois-je m'y résoudre , puisque tu es tout mon bonheur et toute ma joie % Je veux construire sur ce mage fortuné deux autels ; l'un sera consacré à k belle Vénus et à son puissant fils; car c'est lui qui a fait naître dans mon cœur cet amour invincible et cette hardie résolution ; l'autre au dieu des mers, qui m'a protégé sur les flots. Ensuite ils
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prirent le cliemin de la cabane ; et ils posèrent les fruits 'sur la table y dans des corbeilles simples. Au milieu de la. joie de leurs entretiens, la nuit vint, et l'a-:
mour les conduisit dans un berceau de jasmin et de roses, à c6té duquel une source faisoit entendre son gazouillement.
De petits amours folâtroient sur les rameaux du berceau, et de doux zéphirs, secouant leurs ailes parfumées , se jouoient autour des amans.
Leurs descendans perfectionnèrent Part de naviguer sur la mer : ils bâtirent sur, ses bords une ville florissante, et ils la nommèrent Cythere. La mer Laconienne réfléchissoit au loin la hauteur de ses tours et la splendeur de ses bâtimens. Le plus, beau de ces édifices étoit un temple entouré d'un double rang de colonnes , et consacré au dieu d'amour. Le bonheur et l'abondance régnoient dans les murs de cette ville ; et les vaisseaux de l'Océan , richement chargés , venoient de toute part se rendre dans son port commode.