‹ ŒuvresChapitre 11 sur 67 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

On voit dans Véloignement des tentes sous des arbres,

PYRRHUS, ARATES.

PYRRHUS

\^irE je suis impatient de revoir mon fils!

Je puis actuellement me livrer sans danger à ma tendresse. L'oracle m'ordonna de le laisser dix - huit ans^ inconnu parmi des bergers ; et voici le dix-huitieme printemps qu'il vit parmi eux. Quand je l'y envoyai, il étoit aussi beau qu'on nous peint l'Amour. J'espère que les principes naturels de droiture et de vertu ne seront point altérés en lui.

AB.ATES.

Je suis aussi empressé de revoir ce jeune prince. Que nous serions heureux, si nous trouvions tous deux nos enfans dans Pëtat où nous les souhaitons ! Il y a seize ans , comme vous le savez , que j'ai envoyé dans ces mêmes lieux ma fille, le ciel me Payant commandé dans un songe. Avant de m*embarquer avec vous, j'ai fait des sacrifices à mes dieux domestiques ; il m^ont apparu deux fois , pour me promettre que mes vœux pour le bonheur de ma famille s croient accomplis.

PYRRHUS

Daignent les dieux exaucer nos désirs !

Peut - être mon fils renoncera-t-il à regret à la tranquillité dont il jouit parmi ces bergers , et à l'abri de ces ombrages frais.

Les agrémens champêtres de ces lieux font sur moi des impressions si douces et si puissantes, qu'elles passent jusques dans mon ame. Je crois respirer un air plus pur et plus sain dans cet asyle de la belle et simple nature. Je sens ici ce qu'on

9l6 iTANBKE,

éprouve en revoyant son pays natal ^ après une longue et triste absence.

ARATE8.

Notre genre de yie, en effet, est si éloigné de la simplicité primitive , qu'elle nous paroît tout - à - fait étrangère ; elle doit produire une impression extraordinaire sur Pâme de quiconque y revient une fois , si cependant il n'a pas étouffé , dès sa tendre jeunesse , le goût de cette noble simplicité.

PYRRHUS

Il y a déjà une heure que j'attends mon fils. Je vois venir un jeune homme qui me paroit si beau , que , si c'est lui , tous mes désirs sont exaucés. Il vient droit à nous.

1l(A8TO&ALS* Hif.

PYRRHUS, ARATES, i VA N D R E.

ETANDRE.

J B TOUS saine , messieurs.

PYRRHUS

Bon jour, jeune berger. Est-ce la curiosité ou quelque affaire qui te conduit vers nous ?

ivANDRE.

C'est la curiosité. C'est toujours une nouveauté pour nous de voir des gens de la yille. Mais y dites - moi , messieurs y n'êtes -TOUS pas venus avec le prince de Kjrissa ^ qui aborda hier sur notre côte I

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