‹ ŒuvresChapitre 28 sur 67 · VA N D · texte numérisé non relu

VA N D

en témoignages de leur passion, tout cela pour s'attirer des regards de préférence :

TOUS mènerez la yie du monde la plus délicieuse.

ALCIMNE.

Je ne mènerai point cette vie - là ; non sûrement.

LA SECONDE SUIVANTE

Pourquoi î Vous ne serez pas flattée de Toir tous les jeunes seigneurs vous faire la cour, et vos rivales sécher de jalousie "i

ALCI MNE.

Non : cela ne me paroît pas plaisant.

Je ne puis ni ne veux déguiser mes sentimens ; je ne laisserai croire à personne que j'ai de l'amitié pour lui , si je n'en sens pas ; et tous vos seigneurs m'ennuieront en me parlant d'amour, parce que je n'aimerai jamais que celui que j'aime déjà.

LA SECONDE SUIVANTE

Quoi! TOUS aimez déjà?

PASTOBALE. 69

ALCIMNE...

Oui y sans doute ; ye ne rougis pas d*en convenir. J'aime un berger de tout mon coeur^ et lui^ il m*aime de tout le sien.

Il est beau comme, le soleil levant, charmant comme le printemps ; le rossignol ne chante peut-être pas si bien que lui....

LA PREMIERE SUIVANTE

Ha ! ha ! ha ! pardonnez • moi si je ris , ma belle maîtresse , je ne puis me retenir davantage. Votre amour ne mUnquiete guère. Dès que vous serez arrivée à la ville, vous oublierez ce berger. Vous rirez vous - même à vos dépens , quand vous aurez vu les jeunes seigneurs de la cour, et que vous aurez comparé leur esprit et leurs grâces avec la simplicité d*un berger.

Pour lui , je le plains ; il ne pourra jamais réparer sa perte. Qu'il va faire de doléances ! Tous les échos vont en être étourdis.

ALCIMNE.

Ne vous moquez pas de lui ; je vous

7© ivANDRE,

Jure que je m^oublîcrai plutôt moi-même , que de l'oublier jamais. Je n'écouterai aucun de tos seigneurs. Oui, mon bienaimé , tu seras le seul que j'aimerai toujours. Ces arbres yerds mourront, le soleil cessera d'éclairer ces belles prairies, avant que ton Àlcimne te soit infidèle. Oui , mon bicn-aimé, je fais le serment....

XA PREMIEILE SUIVANTE.

Ne le faîtes pas ; votre père ne tous laissera point avilir jusques - là votre illustre naissance.

ALCIMNE 9 avec colère* Que voulez - vous dire ? mon illustre naissance? Eh quoi! peut -il y en avoir qui ne soit noble et honorable % Ok f je n'entends rien à toutes vos leçons. H faut y mettre moins d'esprit et plus de naturel.

Non, je ne les comprendrai jamais. Mon père est raisonnable , j'en suis sûre. Il ne voudra pas que j'abandonne ce que j'aime le mieux au monde , et que j'aii;ne ce que je hais le plus. Je ne vous quitterai qu'4 regret , charmantes retraites , ombragea

PA8TOB.ALI;. yi

frais, occupations innocentes; je tous préférerai toujours au fracas de la yille ; mais il faut que je vous quitte pour suivre un père que je chéris. 1\ ne sera pas venu me chercher ici pour me rendre malheureuse :

oui f je serois malheureuse y plus que je ne puis dire , s'il youloit me séparer de celui que j'aime plus que moi-même. Oh ! ne me donnez pas ces inquiétudes, mes amies!

N'est -il pas vrai que j'aurois tort de les ayoir I

LA SECONDE SUIVANTE j à part.

Elle ne voudra sûrement pas venir à la ville y si on lui ôte toute espérance. La pauvre enfant a le cœur trop malade. ( à AU cimne,) Votre père ne contraindra point votre inclination, je Pespere.

ALCIMNE.

Moi , j'en suis persuadée : dès que je le reverrai, je me jetterai dans ses bras : je le serrerai sur mon sein , aussi étroitement que le lierre embrasse l'ormeau ; je joindrai me9 larmes à mes prières, et sftre-

72 ivANDRE)

ment Maî^ il faut que je iii*en aille ;

mon berger doit 8*impatienter de ne pas me yoir arriver.

LA PREMIERE SUIVANTE , €71

l'arrêtant.

Permettez, madame, vous ne pouvez pas le voir encore.

ALCIMNE.

Pourquoi celai Que voulez -vous donc dire ?

LA SECONDE SUIVANTE

Nous avons ordre de vous mener à votre tente , et de vous y habiller d'une manière convenable à votre rang.

ALCIMNE.

Mais vous allez me retenir long -temps ; il faut que vous me promettiez aupara-* vant que vous aurez fait en moins d'une heure.

LA SECONDE SUIVANTE

Nous ne vous demandons que quelques minutes.

ALCIMNE.

*^enez-moi parole, ou bien ....

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