SCENE VI
jâvANDiLE f habillé magnifiquement.
SSIxi^ voilà enfin débarrassé des importuns qui m'ont tant retardé. QuUl y a défa longtemps que je n*ai yu ma chère Alcimne !
Peut-être m'a-t-elle attendu jusqu'à cette heure auprès de la fontaine! Je yiens d'y courir ; mais il étoit trop 'tard y elle n'y étoit plus. Je l'ai cherchée en yain, sous les berceaux que nous ayons consacrés à notre amour. Ah! que je suis impatient de la trouver ! Sait- elle tout ce qui vient de se passer ? Il me tarde de lui conter tout, de lui dire qu'elle seule peut me •rendre heureux. Oui, ma bien -aimée, tu peux seule faire mon bonheur : ce n'est que dans tes bras que je puis revenir de ma surprise et de mon trouble. Il est vrai que mon père n'est pas instruit de mon amour ; mais voudroit-il m'empécher d'aimer la plus belle et la pluslsage des bergères î II n'en fera sûrement rien. Il ne me forcera
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pas de manquer aux sennens que ]*ai faits en présence des dieux. Il conviendra sans peine que , parmi toutes les princesses du monde, il n*en est aucune qui soit aussi aimable que mon Alcimne. Je vais la chercher encore ; je l'engagerai à. se revêtir de la robe qu'elle porte les jours de fête , et qui est blanche comme la neige ; je lui ferai tresser une couronne de fleurs nouvelles pour en parer ses cheveux , et alors je la mènerai à mon père ; je lui dirai combien de fois j'ai juré aux dieux que je l'aimerois toujours , et que je n'aimerois
qu'elle Mais voudra-t-elle me suivre %
Pourra -t- elle se résoudre à quitter cette habitation charmante ? Pourquoi en douterois-je, sachant quelle est sa tendresse pour moi? Le désir de suivre ce qu'elle aime l'emportera dans son cœur sur les agrémens de ces lieux. Mais il faut que je tâche de la joindre. Quelle sera sa surprise en me voyant si magnifiquement vêtu !
Que les hommes sont inventife! Que j'ai trouvé de richesses dans la tente de mon père ! Conunent peut - on être heureux y
VA8TOB.ALE. fS
quand on a besoin de tant de choses î Jns^ qu'à présent la peau d'une chèvre tonte ' blanche, ou agréablement taciietée, ayoit paré mes épaules; on me Dût porter aujourd'hui un habillement bigarré y comme le sont nos prairies 4ians le printemps. Je crains, je craîas bien que les jours de la paix et du bonheur ne soient écoulés pour moi. On me destine à d'importantes occupations : daignent le» dieux m'y assister !
Claires fontaines, bosquets délicieux, oik j'ai passé avec tant de charmes les années de ma jeunesse , je tous quitte pour un genre de yie que je ne connois pas. Trou* peaux chéris, confiés à mes soins, je tous quitte pour aller yeill^ sur des hommes qui n^e confient le soin de leur bonheur !
Qu'il est glorieux, qu'il est beau de pouvoir rendre heureux ses semblables! Mais pourrai -je porter ce fardeau pénible 1 O jours charmans , je ne vous oublierai jamais ! Tontes les fois que le printemps ranimera la nature, je Tiendrai TÎsiter cette habiution champêtre : tu m'y accompa^ gneras , ma chère Àlcimne ; noua sacrifie*
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rons aux dieux dams ce» paisibles retraites f où les zéphyrs nous caressoient de leurs haleines. Où es-tu, ma chère Alcimne !
Qu'il me tarde de me précipiter dans tes bras! Je yeux presser mon cœur palpitant sur le tien; je yeux te conjurer