‹ ŒuvresChapitre 49 sur 67 · DE BOIS · texte numérisé non relu

DE BOIS

des chants d*allégresse. La joie et la gaîté habitent les collines et la vallée , et vos chansons résonnent d^une montagne à l'autre. Liberté ! doucb liberté, c'est toi qui répands le 1)0nheur sur cette terre chérie !

Tout ce' que nous voyons autour de nous ^ nous appartient. Satisfaits , nous cultivons nos propres champs. La récolte que nous y faisons est à nous, et nos moissons sont des jours de fêtes.

LE JEUKE BERGER.

Celui-là n'^st pas digne d'être un homme libre , qui peut oublier que c'est au prix du sang de ses pères

LE YIEII.LARI1.

A leur place f mon fils , qui ne feroit pas ce qu'ils ont fait , ne l'est pas davantage 1 Depuis la journée sanglante de

Nefels , * je viens une fois tous les ans sur cette montagne ; mais je le sens, j'y viens pour la dernière fois.... D'ici je vois encore

* La bataille de Nefels dans le canton dé Claris, Tannée i388.

l5o LA JAMBE

tout l'ordre de la bataille où la liberté nous fit vaincre. Regarde , c'est de ce côtélà que s'ayançoit l'armée ennemie. Des milliers de lances étinceloie^t au loin avec plus de deux cents chevaliers, couverts de superbes armures. Les panaches qui ombrageoient leurs casques s'agitoien^ sur leurs têtes, et la t^re frémissoit sous les pas de leurs chevaux. Déjà notre petite troupe avoit été rompue. Nous n'étions que trois à quatre cents combattans. Les cris de la détresse retentissoient de tous côtés, et la filmée de Nefels embrase retnpHuBoit la vallée, et s'étenddit sivec hoi^reur le long des montagn«8« Cependaa^ au.pie4 du mont où nous sommes , s'étoit porté notre chef. Il étoit là où ces deux pins s'élancent des bords- ^ë la toch^ escarpée.

Entouré d'un petit fiombre dé gnecriersi )e crois le voir ettcure , ierme , inébran^ lable, rappeller les troupes^ dispersées autour de lui. J'entends le l>ru|t de te drotpeau que son bras agitait dans les Ail<s^ c'étoit cpmnie le bfuitjdes vents qui, précèdent l'orage. De toutes parts on accQv^

D£ BOIS. l5l

roit vers lui. Vois -tu ces sources se précipiter du haut des monts? Des pierres , des rochers , des arbres renversés s'oppo- 8en|: en yain à leur cours ; elles franchissent, elles entraînent tout , et se rassemblent au fond de cet abime. Ainsi nous accourûmes à la Yoix de notre général y en nous faisant jour à travers l'ennemi..... Rangés autour du héros , nous jurâmes tous, et Dieu nous entendit., de vaincre, ou de mourir. L'ennemi y. s'approchant en prdre de bataille ^ fondit sur nous avec impétuosité ; nous l'attaquâmes à notre tour. Déjà nous l'avions chargé onze fois; mais toujours forcés de nous retirer à l'abri de ces hauteurs , nous y resserrions nos rangs aussi inébran^ labiés que le rocher qui nous protégeoit.

Enfin, renforcés , par trente guerriers de SchwitZy nous tombâmes tout«à-coup sur l'ennejpii comme la chÀte d'une montagne^ cx^mnAe une roche qui éclate i^ tombe, roule à travers la forêt , et V^^se avec fracas les arbres à son plissage. De toi^tes parts, les ennemis et cayaliers et fantassins , con* fondus dans le plus horrible tumulte, se

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