‹ ŒuvresChapitre 50 sur 67 · LA JAMBE · texte numérisé non relu

LA JAMBE

renversent les uns les autres pour échapper à notre fureur. Acharnés au combat , nous foulions à nos pieds les morts et les moirrans , pour porter plus loin la vengeance et le trépas. J*étois au milieu de la mêlées un cavalier ennemi me renversa dans sa fuite , et son cheval me fracassa la jambe.

Le guerrier qui combattoit le plus près de moi, m'ayant apperçu, me chargea sur ses épaules , et courut , ' en me portant ainsi, hors du champ de bataille. Un boa religieux, prosterné non loin de là sur un

rocher , imploroit le ciel pour nous

Ayez soin, mon père, de ce guerrier, lui dit mon libérateur , il a combattu en homme libre. Il le dit, et revole au combat. La victoire fut à nous, mon enfant, «lie fut à nous. Mais plusieurs des nôtres étoient.

étendus sur des monceaux d^ennemis. Ainsi , disoit-on, repose le moissonneur fatigué sur les gerbes qu'il moissonna lui-même.

Je fus soigné , je fus guéri. Mais je n*ai jamais pu découvrir celui à qui je dois la vie. Je Pai cherché vainement. J'ai fait des vœux et des pèlerinages pour^qu'un saint

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du paradis, on quelque ange yonlùt me le révéler. Hélas ! tous mes efforts ont été inutUes. Je neponrrai'plns, dans cette TÎe^ lui prouver ma reconnoissance. Le jeune berger avoit écouté le vieux guerrier les larmes aux yeux. Il lui dit : "Non y mon père , dans cette vie tu ne pourras plus lui prouver ta reconnoissance.

Le vieillard surpris , s*écria : Ciel ! que dis-tu? Saurods-tu, mon fils , quel fut mon libérateur? ^

XE JEUNE BEHGEB. . ./

Je serois bien trompé , pu c'étoit mon père; oui, c'étpit lui-inéme. Souvent îf.

m'a raconté Phistoire de la bataille , et souvent je lui ai entendu dire : L'homme que j'ai emporta du champ de bataille se,roit^il en^core vivant? -^

tE VIEII.LARD. J f cl Dieu ! anges <lu ciel ! cet homme généreux' seroit ton père? '

...: ^S .J.£UN.£,BB(^GBJL. >.;,,, ..

. Il avoit une cicatrice ici. ( en moittrcm^

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9a joue gauche. ) Il aVoîe ëté blessé par l'écliat d*uiie lance; peut«être le fut^il avant qu*il t'emportât de la mêlée.

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