DE BOURBONNE
1 L y avoit ici deux hommes qn'on pourroit appeller les Oreste et Pyïade de Bourbonne. L'un se nommoit Olivier, et l'autre Félix. Ils étoient nés le même jour , dans la même maison , et des deux sœurs ; ils avoient été nourris du même lait ; car l'une des mères étant morte en couche, l'autre se chargea des deux enfans. Ils avoient été élevés ensemble ; ils étoient toujours séparés des autres ; ils s'aimoîent comme on existe , comme on vit , sans s'en Uouter ; ils le sentoient à tout moment, et ils ne se l'étoient peut-être jamais dit. Olivier avoit une fois sauvé la vie à Félix, qui se piquoit d'être grand nageur , et qui avoit failli de se noyer. Ils ne s'en souvenoient ni l'un ni l'autre. Cent fois Félix avoit tiré Olivier des aventures fâcheuses où son caractère impétueux l'avoît engagé , et jamais celui-ci n'avoit songé à l'en remer-