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1108 forêts , ils arrirerent à la maison d*0» liyier, qui est située, comme vous savez ^ à l'extrémité du bourg , à l'endroit oà la ▼oie se partage en deux routes, dont l'une conduit en Franche -Comté, et l'autre en Lorraine.
M C'est là que Félix va apprendre la mort d'Olivier, et se trouver entre les veuves de deux hommes massacrés à son sujet. Il entre, et dit brusquement à la femme Olivier : Où est Olivier ( Au silence de cette femme , à son vêtement , à ses pleurs , il comprit qu'Olivier n'étoit plus. Il se trouva mal ; il tomba , et se fendit la tête contre la huche à pétrir le pain. Les deux veuves le relèvent ; son sang couloit sur elles ; et tandis qu'elles s'occupoîent à l'étancher avec leurs tabliers, il leur disoit : £t vous êtes leurs femmes , et vous me secourez { Puis il défailloit, puis îl revenoit, et dîsoit en soupirant : Que ne me laissoit-iU Pourquoi s'en venir à Hheims 1 Pourquoi l'y laisser venir ?.... Puis sk tête se perdoit ; il entroit en fureur; il se rouloit à terre ^
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ftt déchiroit ses yétemens. Dans un de ces accès il tira son sabre , et il alloit s'en frapper ; mais les deux femmes se jetterent sur lui , crièrent au secours ; les voisins accoururent. On le lia avec des cordes ^ et il fut saigné sept à huit fois ; sa fureur tomba arec l'épuisement de ses forces^ et il resta comme mort pendant trois ou quatre jours , au bout desquels la raison lui revint. Dans le premier moment il tourna ses yeux autour de lui , comme un homme qui sort d'un profond sommeil, et il dit :
Oùssuis-je? Femmes, qui êtes- vous ? La charbonnière lui répondit : Je suis la charbonnière. Il reprit : Ah ! oui , la charbonnière.... Et vous ?.... La femme d'Olivier se tut. Alors il se mit à pleurer ; il se tourna du côté de la muraille j et dit en sanglotant :. Je suis chez Olivier.... ce lit est celui d'Olivier.... et cette femme qui est là, c'étoit la sienne! Ah!
» Ces deux femmes en eurent tant d^ soin, elles lui inspirèrent tant de pitié, elles le prièrent si instamment de vivre ;i
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elles lui remontrèrent d'une manière si touchante, qu'il étoitleur unique ressource ^ qu'il se laissa persuader.
M Pendalit tout le temps qu'il resta dans cette maison , il ne se coucha plus. Il sortoit la nuit , il erroit dans les champs , il se rouloit sur la terre, il appelloit Olivier; une des femmes le suivoit et le ramenoit au point du jour.
» Plusieurs personnes le saroient dans la maison d'Oliyier ; et parmi ces personnes, il y en avoit de mal intentionnées.
Les deux yeuyes l'avertirent du péril qu'il touroit. C'étoit une après-midi; il étoit assis sur un banc, son sabre sur ses genoux, les coudes appuyés sur une table, et ses deux poings sur ses deux yeux. D'abord il ' ne répondit rien. La femme Olivier avoit un garçon de dix -sept à dix -huit ans; la charbonnière une fille de quinze.
Tout -à- coup il dit à la charbonnière : La charbonnière ! va chercher ta fille , et amené -la ici. Il avoit quelques fauchées de prés, il les vendit. La charbonnière
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reyînt avec sa fille : le fils d^Olivier l'épousa. Félix leur donna l'argent de ses prés f les embrassa^ leur demanda pardon en pleurant; et ils allèrent s'établir dans la cabane où ils sont encore , et où ils servent de père et de mère aux autres enfans. Les deux veuves demeurèrent ensemble ; et les enfans d'Olivier eurent un père et deux mères.
M II y a à- peu -près un an et demi que la charbonnière est morte ; la femme d'Olivier la pleure encore tous les jours.
M Un soir qu'elles épioîent Félix y car il y en avoit une des deux qui le gardoit toujours à vue , elles le virent qui fondoit en larmes ; il tournoit en silence ses bras vers la porte qui le séparoit d'elles, et il se remettoit ensuite à faire son sac.
Elles ne lui dirent rien ; car elles comprenoient de reste combien son départ ëtoit nécessaire. Ils souperent tous les trois sans parler : la nuit il se leva; les femmes ne dormoient point ; il s'avança yers la porte sur la pointe des pieds. Là