VA NI» RE
Non, Mais quand je ne te vois pas, toutes les minutes sont bien longues.
ALCIM^E.
J'ai été bien effrayée, 'quand, en venant ici , j'ai trouvé Milon derrière ce bosquet, lui que j'aime comme l'abeille aime le bourdon. Il étoit au milieu du chemin.
» Toutes les bergères, m'a -t -il dit, qui » passent dans ce sentier , pour droit de » passage, me doivent un baiser.» Laissemoi donc aller , lui ai -je dit de mauvaise humeur : mais il n'en auroit rien fait ^ si
t6 jÊTAKOnSy
Je ne me fusse avisée de lai demander k appartenoit une génisse blanche que yoyoîs courir dans le marais ^ et qui s^é sûrement égarée. Il a regardé, et a je me suis glissée derrière lui ; et j'é déjà loin avant qu'il s'apperçùt de ma rv lorsque l*odieux personnage a couru a] moi de toutes ses forces. Mais tu as 1 tout pensif.
ivANDRE.
Moi % c
AJbCIMNS.
, Oui, toi} on croiroit que tu as quel chose à dire y qtai te fait de la pe Allons, ne mUnquiete pas.
EYANDRB,
Moi je ne sais trop si je dois t(
dire*
ALCIMNE.
' Tu m'inquiéteras davantage , si tu ne le dis pas*
ivANDKE.
Eh bien ! je t'avouerai que ce qui n ^uîete^ ce sont les retards qu'apporte ]
ion lois Je, rès
FASTOKALE. 17
père à notre bonheur. Il semble éviter de ^^ se trouver avec moi tête-à-tête ; et , quand
\ il ne peut faire autrement, si je viens
à lui parler de notre amour, il paroît troublé, et ne me répond que par des propos vagues.
ALCIMNE.
air l'A conduite de ma mère me donne les
mêmes inquiétudes.
iVANDRE.
Hier il offrit aux dieux les prémices des cinq arbres qu'il a plantés dans mon le premier printemps. Le hazard m'amena
?. dans le lieu où il faisoit son offrande.
Pour ne point troubler sa piété , je restai caché derrière un buisson , et je l'entendis faire cette prière : » Dieux bienfaisans ! u exaucez mes vœux , et agréez mon » offrande. Soyez favorables à mon fils ; » accomplissez , pour son bonherur , les » destinées extraordinaires qui Patten- » dent. » Il continua de prier : mais le vent, en agitant les feuilles, m'empêcha d'en entendre davantage.
l8 iVANDRE,
ALCIMNE.
Ah! que je souhaite ayec ardeur que le ciel exauce sa prière!
ivANDRE.
Quelles destinées m'attendent! Fassent les dieux qu'elles soient heureuses ! Ah !
c'est ton amour seul qui peut faire mon bonheur.
ALCI MNE.
Mon bien -aimé, ne nous laissons point affliger par ces tristes pensées ; ne nous alarmons pas d'un malheur qui n'arrivera peut-être jamais/Allons ; reprends ta gaieté ; souris à ton Alcimnc. Ecoute , chantons tour -à- tour la chanson que nous aimons tant.
JÊTANDRE.
Près de toi , j'oublie tous mes chagrins.
Commence ; je chanterai après*
ALCIMNE.
Je Tais commencer :
Quand zéphyr et le printemps Ont abandonné nos champs ,
PASTOKALE.
La triste Flore soupire ; I<e plaisir fuit, la rose expire.
C'est ainsi, mon bien-aimé.
Que mon cœur, en ton absence, Par la douleur consumé , Languit et meurt d'impatience*
ÉVANDRE
Quand , au retour du printemps , Zéphyr caresse nos champs.
Il console la nature ; U ranime la verdure.
Ainsi se calment mes soucis , Quand je te vois parottre :
De ta bouche un tendre souris Me donne un nouvel être.
Tous deux ensemble.
Oui , je t'aimerai toujours :
J'en fais serment par ce bocage ,
Asyle de nos amours ; Je ne serai jamais volage.
Oui , je t'aimerai toujours ; J*en fais serment par ce bocage, Asyle de nos amours :
Oui, je t'aimerai toujours.
20 iTANDRE y
ALCI MNE.
"L'abeille diligente , .
Quand Hiivér paresseux la condamne au repoc , Gémit dans Tattente De la saison charmante , Qui la rappelle h se» trayaux.
Ta bergère fidelle ,
Loin de tes yeux,
Gémit comme elle :
Son cœur , son tendre cœur sans cesse te rappelle , Et te cherclie en tous lieux.
EYAN D RE.
Quand la rose vermeille - Exhale ses parfums, étale ses attraits, L'abeille S'éveille, Et revole dans nos bosquets.
Ainsi ma tendresse, A l'aspect enchanteur de tes jeunes appas ^ Précipite mes pas :
Ainsi je m'empresse A voler dans tes bras.
PASTORALE. ai
Tous deux ensemble,
Oai , Je t'aimerai toujours :
J'en fais serment par ce bocage ,
Asyle de nos amours :
Je' ne serai jamais Yolage.
Oui , je t'aimerai toujours :
J'en fais serment par ce bocage, Asyle de nos amours :
Oui , je t'aimecai toujours.