‹ uvres des deux CorneilleChapitre 12 sur 433 · PREMIERE ROMANCE · texte numérisé non relu

PREMIERE ROMANCE

Devant le roi de Léon dona Chimène vient un soir demander justice, touchant la nmrl de son pore. Elle demande justice contre le Cid don Rodrigue de Bivar, qui la vendit or|ilicline lorsqu'elle rtait encore tout enfant.

< Si j'ai ou non raison, vous le savez de reste, ô roi Ferdinand ; car les affaires d'honneur ne se peuvent caolïer.

> Chaque jour qui luit je vois le cruel qui a versé mon sang, clievauchant i chrval sous mes yeux pour ajouter à mon chagrin.

> Ordonnez-lui, bon roi, — car vous le pouvez, — qu'il ne rode pas sans cesse dans ma rue; car un homme de grande valeur ne doit pas se venger sur det femmes.

> Que si mon père outragea le sien, il a bien vengé son père, et il lui doit •uilire qu'une m"rl ait payé son honneur.

> Je suis placée sous votre protection, ne souffrez pas que l'on m'insulte : car tout outrage que l'on me fait, on le fait à votre couronne. >

— € Taisez-vous, dona Chimène; car vous m'affligez grandement, et je trouverai un bon remède à tous vos maux. — Je ne puis faire aucun tort au Cid, car il est un homme qui vaut beaucoup ; il me défend mes royaumes, et je veux qu'il me les garde. Mais je ferai avec lui un arrangement qui ne vous sera pas mauvais ; je lui demanderai sa parole pour qu'il se marie avec vous. >

Chimène demeura contente de la grâce qui lui était accordée, et ^oe celoi qlt! l'avait rendue orpheline devînt son soutien.

DEUXIEME ROMAMCE.

De Rodrigue et de Chimène le roi prit la parole et la mam, afin de les unir tous deux en présence de l'évêque Layn Calvo. Les anciennes inimitiés s'apailèrent dans l'amour; car où préside l'amour bien dfS injures s'oublient.

Le roi donna au Cid à perpétuité, Valduerna, Saldana, Belforado et Saint- Pierre de Cardena.

Rodrigue alla avec ses frères revêtir ses habits de nocos. Il quitta son gorgerin ainsi que son harnais resplendissant et ciselé. Il mit une culotte courte avant une bordure violette, des chausses vallonnés d'Allemagne, de ce bon siècle d'or.

Ses souliers étaient de cuir Oe bœuf et grenés en écarlate, avec deux boucles, au lieu de rubans, qui serraient le pied sur le côté.

Il se passa une longue chemise ronde et juste sans lisérés ni broderies (car en te temps-là l'amidon était du pain pour les enfants) ; un justaucorps de satio

• Mons reproduisons encore ici l'exccUeute traduction de M. Damas Hinard.

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•oir amplement <'tofé dâ maocbi-s, que ton pore arait sup dans trnii nu quatre twlaillo.

Par-iiev>ii> \r «atio il mit une veste de peau tailladée ea souvenance et mé' ■Doiri- det iiiiinlin-uteii tailladoi qu'il avait faites.

Outre un iHinoet en drap de Courtrai. il portait un chapeau d'Allemai;nc tout janii d>^ feutre el tnrmonti- d'une plume de coq.

Il :l^a ■ jTi côlé r--nra^ée Tizona, Urrcur el épouvante du monde, fvec de* ttun. - ifiMi\es qui avalent coûté quatre quartes.

P!ii> > M .aiii une Gerineldos, le fameux Cid descendit dans la cour ou le roi l'evèqne et les grandi étaient debout à l'allendre.

Derrière lui descendit Cbimèoe coiiTée d'une coilTure de Papos, et non avec ces colilichets qu'on nomme aujourd'hui urraques. Son vêtement, de drap 6a de Londres, '-tait Lrixlr ; sa robe prenait bien sa taille ; et elle avait <les mules ecarlales. Elle portait un collier orné de Luit méilailles au milieu desquelles pt-ndail un Saint-Micbel, dont le travail seul avait été estime autant qu'uoe ville.

Les Bances arrivèrent ensemble; et au moment de donner à la mariée sa ■ain el le baiser, le Cid, la regardant, lui dit tout ému :

« J'ai tué ton père, Chimene, mais non en trahison ; je l'ai tué d'homme i homme pour venger une injure trop réelle. J'ai tué un homme el je te donne an homme : me voici a tes ordres; et, en place d'un père mort, tu as acquis ua epous honoré. >

Cela |)amt bien à tous : on looa son esprit, et ainsi se Brest les noces de tf #igie le CasliUaa.

PERSONNAGES

D. FERN AND, premier roi de Castille.

D. l'RRAQtE, infante de Castille.

D. DIÈGL'E, père de don Hodri'^'ue.

D. GuMÈS, comte de Gormas, père de Chimcae.

ClUVÈNF., 6lle de don Gomès.

D. ROURIGCE, bis de don Dingue, et amant de Ckia

D. SANCHt, aiuoufcux de Chimene.

LÉUNUH, gouvernante de l'iâfarl*.

ELTIHK, gouvernante de Uiiimeoe.

Ga Pasb de riotiDie.

Ll ac<:uti til a aé'w ''e

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