SCÈNE P. ^ LE COMTE, ELVIHE
ELVIRE
Entre lous ces ainaDts dont la jeune ferveur Adore voire fille, et brigue ma faveur,
' La scène l" et la scène U, telles que nous les donoons ici, sont confoMsst aux premières éditions. Corneille, harcelé de critiques, crut devoir les cuar.|(er «n 1664. Voltaire, ayant jugé, avec raiso», que la version primitive élan la meiW leure, l'a rétablie tout entière. Nous suivoDs cet exemple, en donnant U »• rianle de 1664 :
CHIMÈNE
Elvire, m'as-tu fait un rapport bien sincère ? Re déguises-tu rien de ce qu'a dit mon père 7
ELVIRE
Tous mes sens à moi-même en sont cncor charmci|
U estime Rodrigue autant que vous faimez;
Et si je ue m'abuse à lire dans son Âme,
Il vous commandera de répondre à sa flamme.
CBIMÈNE.
Dis-moi donc, je te prie, une seconde fois,
Ce qui te fait juger qu'il approuve mon choix,
Apprends-moi de nouveau quel espoir j'en dois prendre ;
On si charmant discours ne se peut trop entendre ;
Tu ne peux trop promettre aux feux de notre amour
La douce liberté de se montrer au jour.
Que t'a-t-ii répondu sur la secrète brigue
Que font auprès de toi don Sanclie et don Rodrigue ?
N'as-lu point trop fait voir quelle inégalité
Enk'e ces deux amants me penche d'un côté ?
ELVinÈ.
Non, j'ai peint votre cœur dans une indifférence Qui n'enfic d'aucun d'eux ci détruit l'espérance, Et sans les voir d'un oeil trop sévère ou trop dous, Attend l'ordre d'un père à choisir un époux. Ce respect l'a ravi ; sa bouche et son visage M'en ont donné sur l'heure un digne témoignage, El puisqu'il faut encor vous ci faire un récit, Voici d'eux et de vous ce qu'en hâte il m'a dit : Elle est dans le devoir, tous deux sont dignes d'elle, Tous deux formés d'un sang noble, vaillant, Ëdele, leuncs, mais qui font lire aisément dans leurs yesx L'éclatante vertu de leurs braves aïeux»