TULLE
Défendez-vous, Horace.
nouACE.
A quoi bon me défendre?
Vous savez l'action, vous la venez d'entendre; Ce que vous en croyez me doit être une loi. Sire, on se défend mal contre l'avis d'un roi; Et le plus innocent devient soudain coupable, ^)uaud aux yeux de sou prince il paroît condamnable; C'est crime qu'envers lui se vouloir excuser ; Notre sang est son bien, il eu peut disposer; Et c'est à nous de cioire, alors qu'il en dispose, Qu'il ne s'en prive point sans une juste cause. .Sire, prononcez donc, je suis prêt d'obéir ; D'autres aiment la vie, et je la dois hair. Je ne reproche point à l'ardeur de Valère Qu'en amant de la sœur il accuse le frère : Mes >œux avec les siens conspirent aujourd'hui; Il demande ma mort, ji' la veux comme lui. Un seul point entie nous met cette diflerence, Que mou honneur par là cherche son assurance^
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Et qu'à ce incine but nous voulons arriver,
Lui pour (lolrir ma gloire, et moi pour la souver.
Sire, c'est rarement qu'il s'offre une matière \ montrer d'un grand cœur la vertu tout entière; Suivant l'occasion elle agit plus ou moins, Et paroît forte ou foible aux yeux de ses témoins. Le peuple, qui voit (oui seulement par l'écorce, S'attache à son effet pour juger de s:i force; II veuf que ses dehors gardent un même cours, Qu'ayant fait un miracle, elle en fasse toujours : Après une action pleine, haute, éclatante, Tout ce qui brille moins remplit mal son attente : Il veut qu'on soit égal en tout temps, en tous lieux; Il n'examine point si lors on pouvoit mieux, Ni que, s'il ne voit pas sans cesse une merveille, L'occasion est moindre, et la vertu pareille : Son injustice accable et détruit les grands noms; L'honneur des premiers faits se perd par les secondsj Et quand la renommée a passé l'ordinaire. Si l'on n'en veut déchoir, il faut ne plus rien faire.
Je ne vanterai point les exploits de mon bras; Votre majesté, sire, a vu mes trois combats : Il est bien malaisé qu'un pareil les seconde, Qu'une autre occasion à celle-ci réponde. Et que tout mon courage, après de si grands coups, Parvienne à des succès qui n'aillent au-dessous ; Si bien que, pour laisser une illustre mémoire, La mort seule aujourd'hui peut conserver ma gloire :. Encor la falloit-il sitôt que j'eus vaincu. Puisque pour mon honneur j'ai déjà trop vécu. Un homme tel que moi voit sa gloire ternie, Quand il tombe en péril de quelque ignominie : Et ma main auroit su déjà m'en garantir; Alais sans votre congé mon sang n'ose sortir; Comme il vous appartient, votre aveu doit se prendre; C'est vous le déroljcr qu'autrement le répandre. Borne ne manque point de généreux guerriers; Assez d'autres sans moi soutiendront vos lauriers; J^ue \olre majesté désormais m'en dispense * :
■ Oc ce coDDai6satt poicl alors le titre de majesté. (Toltaift^