‹ uvres des deux CorneilleChapitre 133 sur 433 · ACTE I, SCÈNE II. A9i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. A9i

Et je sons rofroidir ce bouiHaiU niouvemonl

Quainl il faul, |xiui' le siiivro, oxposor mou amaut.

Oui, (aima, coiilic moi moi-iuômo jf m'irrite

Ouaiiil jo songe aux ilan[;tMs où je le pivcipilo.

Qui>i(nu> pour me servir lu nappréiieudos rien,

Te demander du sang, c'est exposer le tien :

D'une si haute place on n'abat point de tètes

Sans attirer sur soi mille et mille tempêtes;

L'issue en est douteuse, et le péril certaiu.

Un ami déloyal peut trahir ton dessein:

l^'ordre mal coucerlé, l'occasion mal prise,

Peuvent sur son auteur renverser J'enlreprise,

Tourner sur loi les coups dont tu le veux frapper;

Dans sa ruine même il peut t'envelopper ;

Et, quoi qu'en ma faveur Ion amour exécute,

Il te peut, en tombant, écraser sous sa chute.

Ah! cesse de courir à ce mortel danger;

Te |K'rdre en me vengeant, ce n'est pas me venger.

Un cœur est trop cruel quand il trouve des -liarmes

Aux douceurs que corrompt l'amertume des larmes;

El l'on doit mettre au rang des plus cuisants malheurs

La mort d'un ennemi qui coûte tant de pleurs.

Mais peut-on en verser alors qu'on venge un pore? Est-il perte à ce prix qui ne semble légère? El, quand son assassin tombe sous notre effort, Doit-on considérer ce que coûte sa mort? Cessez, vaines frayeurs, cessez, lâches tendresses. De jeter dans mon cœur vos indignes foiblessos; Et toi qui les produis par les soins superflus, Amour, sers mou devoir, et ne le combats plus*; Lui céder c'est la gloire; et le vaincre, ta honte : Montre-toi généreux souffrant qu'il le surmonte : Plus lu lui donneras, plus il te va donner, Et ne Iriomphera que p^ui- te couronner.

SCÈNfc; 11. — EMILIE, FULVIK.

EMILIE

je l'ai juré, Fulvie, et je le jure encore,

' Il jeiiiuie qu<' le mooologue devrait linlr là Cci ijuatre (loniior^ vm: se

loul l'ïi Jigoet du rctle. ^ViiILhc.

182 CINNA

Quoique j'aime Cinna, quoique r.^on cœur Vadore, S'il me veut posséder, Auguste doit périr; Sa tête est le seul pr ^ dont il peul ui'acquérir Je lui prescris la loi tjue mon devoir ui'inipose.

Page 1