‹ uvres des deux CorneilleChapitre 136 sur 433 · ACTE l, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE l, SCÈNE

• Lui inorl, nous n'avons point de vpn{;our, ni de maître*; ■ Aviv la liberté Home sV-n va renuîlre;

» Et nous uiêrilerons le nom de \niis Romains, < Si le joup qui l'accable est jrisé par nos mains. » Prenons roccasion tamlis qu'elle est propice :

• Domain au Capitule il fait un sacriiic-e ;

• Qu'il en soit la viclinie, et faisons en n-s lieux » Justice à tout le monde, ii la face des dieux :

» Là presque pour sa suite il n'a que notre troupe; » C'est de ma main qu'il prend et l'encens et la coupf » Et je veux pour sijiial que cette même main

• Lui donne, au lieu d encens, d'un poignard dans le sei Ainsi d'un coup mortel la victime frappée

Fera voir si je suis du sang du grand Pompée;

Faites voir, après moi, si vous vous souvenez

Des illustres aïeux dé qui vous êtes nés. » A peine ai-jr aclie\é, que chacun renouvelle, i'ar un noble serment, le voeu d'être fidèle; L'occasion leur plait, mais chacun veut pour soi L'honneur du premier coup que j'ai choisi pour moi. I.a raison règle euGn l'ardeur qui les emporte; .Maxime et la moitié s'assurent de la porte; L'autre moitié me suit, et doit l'environner, Prête au moindre signal que je voudrai donner.

Voilà, belle Emilie, à quel point nous en sommes. ! inain, j'attends la haine ou la favein- des hommfH», Le nom de parricide, on de libérateur, César celui de prince, ou d'un usurpateur. Du succès qu'on obtient contre la tyrannie D''[M^nd ou notre gloire, ou notre ignominie; Lt le peuple, inégal à l'endroit des tyrans, S'il les detestr morts, les adore vivants. Pour ntoi, soit que le ciel me soit dur ou propice, Qu'il m'élève à la gloire, ou me livre au supplice, Que honie se déclaie ou pour ou contre nous, Mourant jMuir \uus ser\ir, tout me semblera doux.

i'milie.

Ne crains point de succès qui souille ta mémoire :

* Il veut dire, mort, tl tst tatxt vengeur, t: nous tomtnu $an$ maltrt. En •Oe^ c'nt R'iine qui citi veiii(>'ur< daiiN tes a!>%us'iu nu tyran. Corueill« ••■ tntt doDC qu'Augutl/ reliera sau* veujieauce. (Voltaire.)

Le bon et le mauvais souL oj^aiix |)oiir l;i iiloire;

Et, dans un ((>1 dcssoin, le mamiiic de bniihour

Met ou péril la vie, et lum pas Ion honneur.

Regarde le niallu ar de i'rulc et de Cassie;

La splendeur de leur nom en est-elle ohseurcie?

Sont-ils morts lout entiers avec leurs giaiids desseiin*?

Ne les compte-t-on plus pour les derniers Honiaio»?

Leur mémoire dans Rome est encor précieuse

Autant que de César la vie est odieuse ;

Si leur vainqueur y règne, ils y sont regrettés,

El par les vœux de tous leuis pareils soniiailés.

Va marcher sur leurs pas où l'honneur (e convie :

Mais ne perds pas le soin de conserver la vie;

Souviens- toi du beau feu dont nous sommes épris,

Qu'aussi-bien que la gloire Emilie est (on prix;

Que tu me dois ton cœur, que mes faveurs l'attendent,

Que tes jours me sont chers, que les miens en dépendent.

Mais quelle occasion mène Évandre vers nous?

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