ACTE l, SCÈNE
• Lui inorl, nous n'avons point de vpn{;our, ni de maître*; ■ Aviv la liberté Home sV-n va renuîlre;
» Et nous uiêrilerons le nom de \niis Romains, < Si le joup qui l'accable est jrisé par nos mains. » Prenons roccasion tamlis qu'elle est propice :
• Domain au Capitule il fait un sacriiic-e ;
• Qu'il en soit la viclinie, et faisons en n-s lieux » Justice à tout le monde, ii la face des dieux :
» Là presque pour sa suite il n'a que notre troupe; » C'est de ma main qu'il prend et l'encens et la coupf » Et je veux pour sijiial que cette même main
• Lui donne, au lieu d encens, d'un poignard dans le sei Ainsi d'un coup mortel la victime frappée
Fera voir si je suis du sang du grand Pompée;
Faites voir, après moi, si vous vous souvenez
Des illustres aïeux dé qui vous êtes nés. » A peine ai-jr aclie\é, que chacun renouvelle, i'ar un noble serment, le voeu d'être fidèle; L'occasion leur plait, mais chacun veut pour soi L'honneur du premier coup que j'ai choisi pour moi. I.a raison règle euGn l'ardeur qui les emporte; .Maxime et la moitié s'assurent de la porte; L'autre moitié me suit, et doit l'environner, Prête au moindre signal que je voudrai donner.
Voilà, belle Emilie, à quel point nous en sommes. ! inain, j'attends la haine ou la favein- des hommfH», Le nom de parricide, on de libérateur, César celui de prince, ou d'un usurpateur. Du succès qu'on obtient contre la tyrannie D''[M^nd ou notre gloire, ou notre ignominie; Lt le peuple, inégal à l'endroit des tyrans, S'il les detestr morts, les adore vivants. Pour ntoi, soit que le ciel me soit dur ou propice, Qu'il m'élève à la gloire, ou me livre au supplice, Que honie se déclaie ou pour ou contre nous, Mourant jMuir \uus ser\ir, tout me semblera doux.
i'milie.
Ne crains point de succès qui souille ta mémoire :
* Il veut dire, mort, tl tst tatxt vengeur, t: nous tomtnu $an$ maltrt. En •Oe^ c'nt R'iine qui citi veiii(>'ur< daiiN tes a!>%us'iu nu tyran. Corueill« ••■ tntt doDC qu'Augutl/ reliera sau* veujieauce. (Voltaire.)
Le bon et le mauvais souL oj^aiix |)oiir l;i iiloire;
Et, dans un ((>1 dcssoin, le mamiiic de bniihour
Met ou péril la vie, et lum pas Ion honneur.
Regarde le niallu ar de i'rulc et de Cassie;
La splendeur de leur nom en est-elle ohseurcie?
Sont-ils morts lout entiers avec leurs giaiids desseiin*?
Ne les compte-t-on plus pour les derniers Honiaio»?
Leur mémoire dans Rome est encor précieuse
Autant que de César la vie est odieuse ;
Si leur vainqueur y règne, ils y sont regrettés,
El par les vœux de tous leuis pareils soniiailés.
Va marcher sur leurs pas où l'honneur (e convie :
Mais ne perds pas le soin de conserver la vie;
Souviens- toi du beau feu dont nous sommes épris,
Qu'aussi-bien que la gloire Emilie est (on prix;
Que tu me dois ton cœur, que mes faveurs l'attendent,
Que tes jours me sont chers, que les miens en dépendent.
Mais quelle occasion mène Évandre vers nous?