‹ uvres des deux CorneilleChapitre 146 sur 433 · SCÈNE L - MAXIME, EUPHORBE · texte numérisé non relu

SCÈNE L - MAXIME, EUPHORBE

MAXIME

Lui-même il m'a tout dit, leur flamme est mutuelle ;

Il adore Emilie, il est adoré d'elle;

Mais sans venger son père il n'y peut aspirer,

Et c'est pour l'acquérir qu'il nous fait conspirer.

EUPHORBE

Je ne m'étonne plus de cette violence

Dont il contraint Auguste à garder sa puissance :

' l'espnt d« notre langue ne pormel guère ces participes-, dobs ne pouTo.ilire de$ maux soufferts, comme od dit des maux passés. Soufferts inppose par qnelqu un ; les maux qu'elle a soufferts ; il serait à souhaiter que cet exemple de Corneille eût fait une règle, la langue y gagnerait une marche plui" npide. (Voltaire.)

ACTi: m, SCÈNE I. 205

Lji ligTif' f<(^ imnpioit, s'il s'i-ii ttnil iloinis, Et tous vo< conjurés «ievioirlnticMit ses ami»

MAXIME

Ils servent à IVnvi l.i passion irnn Iioininp Oui n'apit que pour soi, fci;;M;ml d'-tf^ir |)otn" Hnine; Et moi, par un iiialtieur qui n'i-ut jamais d'éjjal, J* pense servir Rome, et je sois mon rival!

fiphoube Vous êtes 5on rival !

MAXIME

Oui, j'aime sa maîtresse, tt l'ai caché toujours avec assez d'adresse; Mon ardi'ur inconnue, avant que d'éclater, Par quelque grand exploit la vouloit mériter : Cependant par mes mains je voi;^ qu'il me l'enlè^re; Son dessein fait ma perte, et c'est moi qui l'achève; J'avance des succès dont j'attends le trépas, Et pour m'assassiner je lui prête mon bras. Que l'amitié me plonge en un malheur extrême*!

EUPBORBE.

L'issue en est aisée; agissez pour vou&-même; D'un dessein qui vous peid rompez le coup fatal ; Gagnez une maîtresse, accusant un rival. Auguste, à qui par là vous sauverez la vie. Ne vous pourra jamais refuser Emilie.

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