SCÈNE L - MAXIME, EUPHORBE
MAXIME
Lui-même il m'a tout dit, leur flamme est mutuelle ;
Il adore Emilie, il est adoré d'elle;
Mais sans venger son père il n'y peut aspirer,
Et c'est pour l'acquérir qu'il nous fait conspirer.
EUPHORBE
Je ne m'étonne plus de cette violence
Dont il contraint Auguste à garder sa puissance :
' l'espnt d« notre langue ne pormel guère ces participes-, dobs ne pouTo.ilire de$ maux soufferts, comme od dit des maux passés. Soufferts inppose par qnelqu un ; les maux qu'elle a soufferts ; il serait à souhaiter que cet exemple de Corneille eût fait une règle, la langue y gagnerait une marche plui" npide. (Voltaire.)
ACTi: m, SCÈNE I. 205
Lji ligTif' f<(^ imnpioit, s'il s'i-ii ttnil iloinis, Et tous vo< conjurés «ievioirlnticMit ses ami»
MAXIME
Ils servent à IVnvi l.i passion irnn Iioininp Oui n'apit que pour soi, fci;;M;ml d'-tf^ir |)otn" Hnine; Et moi, par un iiialtieur qui n'i-ut jamais d'éjjal, J* pense servir Rome, et je sois mon rival!
fiphoube Vous êtes 5on rival !
MAXIME
Oui, j'aime sa maîtresse, tt l'ai caché toujours avec assez d'adresse; Mon ardi'ur inconnue, avant que d'éclater, Par quelque grand exploit la vouloit mériter : Cependant par mes mains je voi;^ qu'il me l'enlè^re; Son dessein fait ma perte, et c'est moi qui l'achève; J'avance des succès dont j'attends le trépas, Et pour m'assassiner je lui prête mon bras. Que l'amitié me plonge en un malheur extrême*!
EUPBORBE.
L'issue en est aisée; agissez pour vou&-même; D'un dessein qui vous peid rompez le coup fatal ; Gagnez une maîtresse, accusant un rival. Auguste, à qui par là vous sauverez la vie. Ne vous pourra jamais refuser Emilie.