‹ uvres des deux CorneilleChapitre 147 sur 433 · M4X1ME · texte numérisé non relu

M4X1ME

Quoi! trahir mon ami!

EtPÎIORBE.

L'amour rend tout permis, Ln véritable amant ne connoît poiqt d'amis. Et même avec justice on peut trahir ini traître Qui p<jur une maîtresse ose trahir son maître Oubliez l'amitié comme lui les bienfaits.

MAXIME

C'est un exemple à fuir que celui des forfaits.

' Ni ion amitié ni ma amour n'intorctseot. J'ai tonjoan ivinanfK qne (««|t tcrae eti fr<>i<le aa Ihéitre: la nisoa ta nt que l'amour dp Maiimo e$t iati. ^de : on apprend au troitipme acte qie ce Maxime est amiiur«-u\... L'amour i\e ■atime oe fait aumo ofTet, et toot ton rôle o'ett que celui d'un lAcbe lant m taDe pMiioD tbi'itrale. (Voitaire.)

204 CINNA

EiJPiionnK.

Contre un si noir dessein loul devient léjjiliine; On n'est point criminel quand on punit un crime.

MAXIME

Un crime par qui Rome obtient sa liberté!

EUPnonnE.

Craignez tout d'un esprit si plein de lâcheté. L'intérêt du pays n'est point ce qui l'engage; Le sien, et non la gloire, anime son courage : Il aimeroit César, s'il n'étoit amoureux, El n'est enfin qu'ingrat, et non pas généreux.

Pensez-vous avoir lu jusqu'au fond de son âme? Sous la cause publique il vous cachoit sa flamme, Et peut cacher encor sous celte passion Les détestables feux de son ambition.

Peut-être qu'il prétend, après la mort d'Octave, Au lieu d'affranchir Rome, en faire son esclave, Qu'il vous compte déjà pour un de ses sujets. Ou que sur votre perte il fonde ses projets.

MAXIME

Mais comment l'accuser sans nommer tout le reste: A tous nos conjurés l'avis seroit funeste, Et par là nous verrions indignement trahis Ceux qu'engage avec nous le seul bien du pays. D'un si lâche dessein mon âme est incapable : 11 perd trop d'innocents pour punir un coupable. J'ose tout contre lui, mais je. crains tout pour eu».

ECPHORBE.

Auguste s'est lassé d'être si rigoureux ;

En ces occasions, ennuyé de supplices,

Ayant puni les chefs, il pardonne aux complices.

Si toutefois pour eux vous craignez son courroux^

Quand vous lui parlerez, parlez au nom de tous.

MAXIME

Nous disputons en vain, et ce n'est que folie De vouloir par sa perte acquérir Emilie ; Ce n'est pas le moyen de plaire à ses beaux yeux Que de pnver du jour ce qu'elle aime le mieux. Pour moi, j'estime peu qu'Auguste me la donne, Je veux gagner son cœur plutôt que sa personne, Et ne fais point d'état de sa possession,

ACTi: m, scï;.NE ii.

Si je n'ai point Je part à son affliction. Puis-jp la Miôriler par uiio triple offonso? Je trahis son amant, jo liélrnis sa ^ongoance, Je conserve ie sang qu'elle vent voir périr; Kl j;<urois quelque esjwir (]u"elle me pûl eliérirt

EIPIIORBE.

C'est ce qu'à dire vrai je vois fort difficile. L'artifice pourtant vous y peut èlre utile; Il en faut trouV(T un qui la puisse abuser, Et (lu reste le temps en pourra disposer.

MAXIMl..

Mais si pour s'excuser il nomme sa complice, S'il arrive qu'Auguste avec lui la punisse, Puis-je lui demander, pour prix de mon rapport. Celle qui nous oblige à conspirer sa mort?

EUPHORBE

Vous pourriez m'opposcr tant et de tels obulaclet, yuc pour les surmonter il faudroil des miracles; J'espère toutefois qu'à force d'y rèver...

MAXIME

Ëloigne-toi; dans peu j'irai te retrouver : Cinna vient, et je veux en tirer quelque chose. Pour mieux résoudre après ce que je aie propose..

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