‹ uvres des deux CorneilleChapitre 153 sur 433 · SCÈNE V. - EMILIE, FULVI · texte numérisé non relu

SCÈNE V. - EMILIE, FULVI

FCLVIE.

Vous avez mis son âme au désespoir.

EMILIE

Qu'il cesse de m'aimer, ou suive son devoir.

FDLVIE.

Il va vous obéir aux dépens de sa vie : Vous en pleurez I

EMILIE

Hélas! cours après lui, Fuivie, Et, si ton amitié daigne me secourir, Arrache-lui du cœur ce dessein de mourir; Dis-lui...

' .... Corneille n'a jamais su peindre un sentiment mixte et compose de deui lentiments contraires, sans se jeter tout à fait tantôt d'iin côté, tantôt de l'autre. Cinna exècre Auguste dans les premiers actes ; il l'adore * dans les dernier». Le pocle ne voyait d'abord que la haine, il ne voit maintenant que l'alTection; chacun de ces sentiments, pris à part, est entier, absolu, comme s'ils ne devaient pas se trouver réunis dans le même cœur... Soit que Corneille considère la républicain ou ie sujet d'un roi, le héros ou le politique, il »e livre sans rffpive à fun système, à sa situation ou à son caractère; il écarte toute Idée génë» ruli; <iui contrarierait les idées particulières qu'il veut mettre en scène, et qui v;ii lent .-elon les personnages. Cet entier abandon à tel ou tel principe spécial, (Ijaiigeanl avec les circonstances, fit regarder Corneille comme très-habile i ri'in'i'senter les diverses conteurs locales, le génie des diderents peuples et det dilli>reots États, tandis qu'on refusait ce mérite à Racine. (Guitot.)

= Ce» derniers vers réconcilient Cinna avec le spectateur : c'est un tiès-«m4 Bl. Racine a imité ce morce. u dans VAndromaque :

Bt mes mains aussil'lt contre mon sein tournées, etc.

|T«ltati«.)

Vous me faite haïr ce que mon âme adore.

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