LIME
Votre sévérité, sans produire aucun fruit,
.Seigneur, jusqu'à présent a fait beaucoup de brait^
Par les peines d'un autre aucun ne s'intimide :
Salvidien à bas a soulevé Lépide;
Murène a succède, Cépion l'a suivi :
Le jour à tous les deux dans les tourments ravi
N'a point mêlé de crainte à la fureur d'Egiiace,
Dont Cinna maintenant ose prendre la place;
Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjet»
Ont voulu s'ennoblir par de si hauts piojets.
Après avoir en \ain puni leur insolence.
Essayez sur Cinna ce que peut la clémence;
Faites son châtiment de sa confusion,
Cherchez le plus ulib' en -ette occasion :
Sa peine peut aigrir une ville animée;
Son pardon p^Mil servir à votre renommée ;
Et ceux que vos rigueurs ne font qu'effaroucher
Peul-élre à vos bontés se laisseront toucher.
' Bi^n ne r<>volt« pint qoe (k Toir un pcrsonoagp s'intrudiiiie tur la lin, sant •voir élê anncinc4' el «• inèlcr les inlfrèU d--- la pièce sans y <^tre nécPwwre. Le coutcil q<i)' Limc ilnnnc i Auguste est rappnrto dans l'histoire; maift il fait UD tr^>-inauvai« clT'-t dao» la Iraçodii*. il 6te à Augatti- la gloire de prondre i» l«i-in<inc un parti (?•••. i-rcu» (Voltaire.)
220 CINNA
AUr.IISTK.
Gagnons-les tout-à-fait en quittant cet om])iro Qui nous rend odieux, coiilie qui l'on conspire. J'ai trop par vos avis consullé là-dessus; Ne m'en parle/, jamais, je ne consulte plus.
Cesse de soupirer, Home, pour ta franchise; Si je t'ai mise aux fers, moi-même je les brise, Et te rends ton état, après l'avoir conquis. Plus paisible et phis jjrand que je ne te l'ai pris : Si tu me veux haïr, hais-moi sans plus rien feindrej Si tu me veux aimer, aime-moi sans me craindre : De tout ce qu'eut Sylla de puissance et d'honneur. Lassé comme il en fut, j'aspire à son bonheur.
LIVIU.
Assez et trop long-temps son exemple vous flatte ; Mais gardez que sur vous le contraire n'éclate : Ce bonheur sans pareil qui conserva ses jours Ne seroit pas bonheur, s'il arrivoit toujours.
AUGUSTE
Eh bienl s'il est trop grand, si j'ai tort d'y prétendra, J'abandonne mon sang à qui voudra l'épandre. Après un long orage il faut trouver un port ; Et je n'en vois que deux, le repos, ou la mort.
LIVIE
Quoi! vous voulez quitter le fruit de tant de peines?
AUGUSTE
Quoi! vous voulez garder l'objet de tant de haines^
LIVIE
Seigneur, vous emporter à cette extrémité. C'est plutôt désespoir que générosité.
AUGUSTE
Régner et caresser une main si traîtresse, Au lieu de sa vertu, c'est montrer sa foiblesse.
LIVIE
C'est régner sur vous-même, et, par un noble choix. Pratiquer la vertu la plus digne des rois.
AUGUSTE
Vous m'aviez bien promis des conseils d'une femme; Vous me tenez parole, et c'en sont là, madame. Après tant d'ennemis à mes pieds abattus. Depuis vingt ans je règne, et j'en sais les vertus;