ACTE I, SCFlNE l
Noiis retul le prciiiii^r droit (pu» nous avions aii\ cifut, Bioii qne je It- prélï'io aux t;i andciiis d'un empire, Connue le l)ieu suprême el le seul où j'as|)ire, Je crois, pour satisfaii e mi juste et saint aino«r. Pouvoir un peu remettre, et dilïérer d'im jour.
NtAIVQl E.
Ainsi dj genre humain l'ennemi vous abuse* :
Ce (]u'il ne peut de forre, il lentreprend de ruse:
Jaloux des bons desseins (ju'il tàelie tl'ébrauler,
tjnaud il ue les peut rompre, il pousse à reculer;
l>"obslacle sur obstacle il va troubler le \ôlie,
Aujourd'hui par des plem"s, chaque jour par quelque autre;
Kt ce songe rempli de noires visions
N est que le coup d"es»ai de ses illusMons :
!l met tout en usage, et prière et menace;
Il attaque toujours, et jamais uc se lasse;
li croit pouvoir enfin ce qu'encore il n't pu,
El que ce qu'on diffère est à demi rompu.
Hompez ces premiers coups; laissez [)leurer Pauliae. Dieu ne \eui point d un cœur où le monde domine, Qui regarde en arrière, et, douteux en son choix. Lorsque sa voix l'appelle, écoute uue autre voix.
POLYEl'CTE.
Pour se donner à lui faut-il n'aimer personne?
NÉÀRQOE.
Nous pouvons tout aimer, il le souffre, il l'ordonne; Mais, à vous dire tout, ce Seigneur des seigneurs Veut le premier amour et les premiers honneurs. Comme rien n'est égal à sa grandeur suprême, 11 faut ne rien aimer qu'après lui, qu'en lui-même. Négliger, pour lui plaire, et femme, et biens, et rang Exposer pour sa gloin- et verser tout son sang. Mais que vous êtes loin de cette ardeur parfaite Qui vous est nécessaire, et que je vous souhaite I Je ne puis vous parler que les larmes aux yeux.
' O langage lamilier dr b dpvntinn panit d'abord extnnrdioaire : on T«aait déjouer «<iiM(e A/nit, d'un Pii^cl il.' La Serre; elle élail loiiilx-e : sa chuw doDDa ouiiTaite npiiiioD <ie ^ainl l'olyeucn à l'hiHel do fiaiiibniiillci. Le cardinal de hiclii-lieii le oiodainia cninirn- le Cid. C'e»l ce 'ine nous appri-ud l'abbl HrdWiu d'à Jlii^-iuc (tiaeini de Curueille, et qui croyait être ton m^iitre.
(TolUire.l
S52 POLYEUCIK.
Polyeucle, aujourd'hui qu'on nous hait en Ions licui, Qu'on croit servir l'élat quand on nous perscculc, Qu'aux plus âpres tourments un Chrétien csl eu butte; Comment eu pourrez-vous surmonter les douleurs, Si vous ne pouvez pas résister à des pleurs?
Vous ne m'étonnez point: la pitié qui me blesse
Sied bien aux plus grands cœurs, et n'a point de foiblesM^
Sur mes pareils, Néarque, un bel œil est hieii fort :
Tel craint de le fâcher qui ne craint pas l;i mort;
Et s'il faut affronter les plus cruels suppliées,
Y trouver des appas, en faire mes délices,
Votre Dieu, que je n'ose encor nommer le mien.
M'en donnera la force en me faisant chrétien.
NÉARQCE.
Hâtez-vous donc de l'être.
Oui, j'y cours, cher Néarqo»ji Je brûle d'en porter la glorieuse marque. Mais Pauline s'afflige, et ne peut consentir, Tant ce songe la trouble, à me laisser sortir.
NÉARQUE
Votre refour pour elle eu aura plus de charmes; Dans une heure au plus tard vous essuirez ses larmefl^ Et l'heur de vous revoir lui semblera plus doux. Plus elle aura pleuré pour un si cher époux. Allons, OQ nous attend.
Apaisez donc sa crainte, Et calmez la douleur dont son âme est atteinte. Elle revient.
NÉARQCE.
Fuyer.
POLYECCTE,
Je ne puis.
NÉAKQCE.
Il le faut} Fuyez un ennemi qui sait votre défaut.
Qui le trouve aisément, qui blesse par la vue. Et dont le coup mortel vous plaît quand il vous taê%