SCÈNE V. — PAULINE, FÉLIX, ALBIN
PAULINE
Père barbare, achève, achève ton ouvrage; Cette seconde hostie est digne de ta rage : Joins ta fille à ton gendre; ose : que tardes-tu? Tu vois le même crime, ou la même vertu : Ta barbarie en elle a les mêmes matières. Mon époux en mourant m'a laissé ses lumières; Son sang, dont tes bourreaux viennent de me couvrir, M'a dessillé les yeux, et me les vient d'ouvrir. Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée ^ : De. ce bienheureux sang tu me vois baptisée; Je suis chrétienne enfin, n'est-ce point assez dit?
' Plus on avance dans la pièce de Corneille , plus ( Félix à paît ) alie cte- Tient sublime, pathétique d'effet et renversante : ce brusque et double monve» ment toujours applaudi.
Où le conduisez-vous ? — A la mort 1 — A la gloire! La conversion soudaine de Pauline, son en :
Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée, etc. La noblesse clémente, la conversion possible (et dans le lointain) de Sévère, lequel, en attendaut, représente l'accompli modèle de rhum êle bomniedansle monde, tout cela est d'une croissante et souveraine beauté, d'une de ces beauté» d( génie et d'art, inimitables, ce semble, et que rien, dans la réalité de la vie même chrétienne, ne pourrait égaler. (Saiate-BeureJ