ACTE IV, SCENE I. l«t
D'écouter trop d'avis et s(> tromper an clioii : Le destin les aveugle au bord du précipice ; Ou si quoique lunncre eu leur Ame se glisse, Celte fausse clarté, dont il les éblouit, Les plonge dans un gouffre, et puis s'évanouit.
PnOTIN.
l'ai mal connu César; mais puisqu'en son estime, C'n si rare service est un énorme crime, Sire, il porte en son flanc de quoi nous eu laver; C'est là qu'est notre grâce, il nous l'y faut trouve!'. Je ne vous parle plus de souffrir sans murmure. D'attendre sou départ pour venger celte injure ; Je sais mieux conformer les remèdes au mal :
• Juslillous sur lui la mort de son rival * ; Et, notre main alors également trempée
El du sang de César et dy sang de Pompée, Rome, sans leur donner de titres différents, Se croira par vous seul libre de deux tyraas.
PTOLÉMÉE
*Oui, oui, ton sentiment enfin est véritable; C'est trop craindre un tyran que j'ai fait redoutable t Montrons que sa fortune est l'œuvre de nos maiue; Deux fuis en même jour disposons des Romains ; Faisons leur liberté comme leur esclavage. César, que tes exploits n'enflent plus ton courage; Considère les miens, tes yeux en sont témoius.
• Pompée étoit mortel, et tu ne l'es pas moins : Il pouvoit plus que toi; tu lai portois envie :
Tu n'as, non plus que lui, qu'une âme et qu'une vie^-
VA sou sort que lu plains te doit faiie peuseï'
Que ton cœur est sensible, et qu'on peut le percer
l'onue, tonne à Ion gré, fais p<.'ur de ta justice :
C'est à n«oi d'apaiser Rome par tou supplice;
C'est il moi de punir ta cruelle douceur,
Qui n'épargne en un roi que le sang de sa sœur.
Je n'abandonne jdus ma vie et ma puissance
Au hasard de sa haine, ou de ton iucoustaucc ;
Placeiiiui catde Kcnoda
llctpcruu geolet i ju)julus uiibi C«Mri* bauitui,
* J»aaii l'criuBue u'tb a tu ilcux. IToitAilV.)
5(î2 LA MOUT DK PORiri^E.
Ne crois pas que jamais tu puisses à ce prix Récompenser sa Hammc, ou punir ses mi'priii : lemploirai contre toi de plus nobles maxiuiea. Tu m'as prescrit tantôt de choisir des vulimes, De bien penser au choix; j'obéis, et je voi ^ue jo n'en puis choisir de pUis digne que loi, Ni dont le sang offert, la fumée, et la cendre, Puissent mieux satisfaire aux mânes de ton gendre.
Mais ce n'est pas assez, amis, de s'irriter ; il faut vnii- quels moyens on a d'exécuter : Toute celle chalevn- est peut-être inulile; Les soldats du tyran sont maîtres de la ville; Que pouvons-nous contre eux? et, pour les prévenir, Quel temps devons-nous prendre, et quel ordre tenir'