EXAMEN DE POMPÉE
n^u(atioi\ qu'elle n iaissce la Tasse passer pour tiiu- fiinir • la«« cive et abaiuloiinci- à ses pl.iisirs, et que Lucain, peiil-rli.; en haine île César, la nomnic i n quelque eiiilroit mereirix regmn, et fasse ilire ailleurs à l'eunuque Photiu, qui gouvernoit sous le nom de son frère Ptolémce :
Q«ex ncD e ociiu crédit Cleoi>atra noccnlrm? X qoj casu fuit?
je trouve qu'à bien examiner l'histoire, elle n'avoit que de l'ambition sans amour, et que, par politique, elle se servoil det avanla^'cs de sa beauté pour alfermir sa fortune. Cela paroît visible, en ce que le5 historiens ne marquent point qu'elle se ?oit donnée qu'aux deux premiers hommes du monde, César et Antoine, et qu'après la déroute de ce dernier, elle n'épargna lucun arlilice pour engager Auguste dans la même passion qu ils avoient eue pour elle, et fit voir par là qu'elle ne s'étoit attachée qu'à la haute |>uissancc d'Antoine, et non pas à sa personne.
Pour le style, il est plus élevé en ce poème qu'en aucun de» miens, et ce sont, sans contredit, les vers les plus pompeux que j'aie faits. La gloire n'en est pas toute à niui : j'ai traduit de Lucain tout ce que j'y ai trouvé de propre à mon sujet; et, comme je n'ai point fait de scrupule d'enrichir notre langue du pillage que j'ai pu faire chez lui, j'ai tâché, pour le reste, à entrer si bien dans sa manière de former ses pensées et de s'expliquer, que ce qu'il m'a fallu y joindre du mien sentît son génie et ne fût pas iiuligne d'èlre pris pour un larcin que je lui eusse fait. J'ai parlé, en l'Examen de Polyeucte, de ce que je trouve à dire en la confidence que fait Cléopàtre à Charmion au second acte ; il ne me reste qu'un mot touchant les narrations d'Achorée qui ont toujours passé pour fort belles : en quoi je ne veux pas aller contre le jugement du public, mais seulement faire remarquer de nouveau que celui qui les fait et les personnes qui les 'Coûtent ont l'esprit assez tranquille pour avoir toute la palicnco qu'il y faut donner. Celle du troisième acte, qui est à mon "ré la plus injgnilique, a été accusée de n'être pas reçue par une pM-sonne digne de la recevoir; mais bien que Charmion qui I écoule ne soit qu'une domestique de Cléopàtre, qu'on peut toulefois prendre pour sa dauie d honneur, étant envoyée cAprès par celle reine pour l'écouter, elle tient lieu de celle reine inénie qui cependant montre un orgueil digne d'elle, d'attendre la vi' site de César dans sa cliauibrc saiis aller au-devant (Je lui D'ailleurs Cléopàtre eût rompu tout le reste de ce troisième •de, si elle s'y fut montrée; et il m'a fallu la cacher par adresse de théâtre, et trouver pour cela dan- l'action un prétexte qui fut glorieux pour elle, et qui ne laissât point paroitre le secret ie l'art (lui ii/obligeoil à l'cmpèchcr de se produire.