COMÉDIE
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NOTICE
Le Mmtew a cela de particulier qu'il marque à la fois l'essor et le point d'arrêt dii talent de Corneille dans le genre comique, et l'avènement dé la véritable comédie sur notre théâtre.
« C'est beaucoup, dit Voltaire, que, dans un temps où l'on ne connaissait que des aventures romanesques et de? turlupinades, Corneille mît la morale sur le théâtre. Ce n'est qu'une traduction; mais c'est probablement à cette traduction que nous devons Molière '. Il est impossible, en efTet, que l'inimitable
' La première édition de cette pièce est de 1644. Gorneille y lit depuis de* changements et des observations ; et cependant Voltaire, par un motif qu'il est diflicile de deviner, adopta le texte de 1644, et critiqua très-aniorement des vers que l'auteur lui-même avait fait disparaître. Nous donnon: ici le texte tel qu'il a été 6xé définitivement par Corneille.
' Il y a là, de la pari de Voltaire, en ce qui touche Molière, une évidente exagération, et nous ne pouvons mieux faire que de citer comme correctif ce jugement de M. Nisard :
u Le Menteur avait sans doute averti Molière de son génie, en lui apprenant à chercher dans les mœurs et les caractères la comédie que tous les exemples conl/^iriporains lui montraient dans l'intrigue ; mais il n'avait fait que mettre sur a voie de la comédie bourgeoise, et il lui restait à créer tout entière la haute comédie. Il n'en est pas de mime de la tragédie. Corneille en avait fait si bien voir les caractères et cumme l'essence, que, même en la perfectionnant d'aptes ges exemples, on ne pouvait arriver qu'à la gloire de l'égaler. >
Si l'on «'en rapporte à une anecdo-î citée par François de Neufchàteau, daui VBjprtt du grand Corneille, Molière aurait reconnu lui-inème, de la manière ia plus formelle, les obligations qu'il avait à Corneille. « Oui, mon cher Despréaux, aurait-il dit en causant avec l'auteur du Lutrin, je dois beaucoup ao Menteur. Lorsqu'il parut, j'avais bien l'envie d'écrire, mais j'étais incertain de ce que j'écrirais ; mes idées étaient confuses : cet ouvrage vint les fixer. Le dialo^nie me fit voir comment causaient les honnêtes gens ; la grâce et l'esprit de Dorante m'apprirent qu'il fallait toujours choisir un héros de bon ton ; le sangfroid avec lequel il débite ses faussetés me montra commeut il fallait établir un caractère; la scène ou il oublie lui-même le nom supposé qu'il s'est donn« m'éc aira sur la bonne pUisantehe ; et celle où il est obligé de se battre par