SCÈNE I. — GÉRONTE» CLARICE, ISADELLR
CLARICE
le sais qu'il vaut beaucoup étant sorti de vons : Biais, monsieur, sans le voir, accepter un époux, Par quelque haut lécit qu'on en soit conviée, C'est grande avidité de se voir mariée : D'ailleurs, en recevoir visite et complimenl, Et lui permellre accès en qualité d'amant, A moins qu'à vos projets un plein effet répond« *, Ce seroit trop donner à discourir au mondr. Trouvez donc un moyen de me le faire voir, Sans m'exposer au blâme et manquer au dc^o:sî',
GÉRONTE
Oai, vous avez raison, belle et sage Claricc ;
Ce que vous m'ordonnez est la môme juslicp *;
Et comme c'est à nous à subir votre loi,
Je reviens tout à l'heure, et Dorante avec moi.
Je le tiendrai long-temps dessous votre feiiêîre,
Âfln qu'avec loisir vous puissiez le connoître *,
Examiner sa taille, et sa mine, et son air.
Et voir quel est l'époux que je vous veux donner.
D vint hier de Poitiers; mais il sent pou l'école;
Et si l'on pouvoit* croire un père à sa parole,
Quelque écolier qu'il soit, je dirois qu'aujourd'hui
Pieu de nos gens de cour sont mieux (aillés que lui.
liais vous en jugerez après la voix publique.
le cherche à l'arrêter, parce qu'il m'est unique,
Et je brûle surtout de le voir sous vos lois.
' Tas. s'il faut qu'à vos projets !a suite ne réponde.
• Vear : ta justice même. Cette forme, d'usage au seizième siècle, se IBCort quelquefois dans le dix-septième.
* Cette manière de présenter un amant & sa maîtresse, qu'il doit ëpoaier, ]!•• nHX un peu singulière dans nos mœurs ; mais la pièce <'sl espagnole ; et de plan, M n'est point ici une eatrevue -. le père ne veut que prévenir Claric« par it beaiie Bine de son ils. ITottairc.)
ACTi: II. SCENE il.
CURTCK- VouS' mTionorcï Ikmucuiii» d un >i ^jloiioiiï choii.
Je l'attenilrai, monsieur, avec impatience.
Et je l'amie déjà sur celle confiance.