‹ uvres des deux CorneilleChapitre 286 sur 433 · SCÈNE V. — GÉRONTE, DORANTE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — GÉRONTE, DORANTE, CLITON

GÉRONTE

Dorante, arrêtons-nous; le trop de promenade Me meltroit hors d'haleine, et me feroit malade.

* Cette indécence ne serait point soufTcrte anjourd'hin. On demande cocsmaH Corneille a épuré le théâtre. C'e^^t que de son temps ou allait plus loin : on de» oianJait des baisers et on eu donnait. Cette mauvaise coutume venait de l'usag* où l'on avait été très-longtemps en France de donner, par respect, un baiser ans dames sur la bouche quand on leur était présenté. Montaigne dit qu'il est trima pour une dame d'apprêter sa bouche pour ie premier mattourné (|ui viendra à elle avec trois laqaais. (Voltaire.)

' Çuf.'i-f'/cr signilie aujourd'hui reprendre, faire des reproches, riprimandtTi 4 sigcillait alors tEsulter, défier, cl même se hattr*. (Toltaire.)

ACTK II, se km: V 415

Qo9 l'ordre e«t rare et beau de t-es grands bâlimciiU'

DOUAME.

Paris semble h mes yeux un pays de romans Fy rroyois ce malin voir uiu' isie enclianUe : ie la laisse désorte et la liome habilée; •Quelque Ainphion nouveau, sans l'aitle dos maçons, Kn superbes palais a chanpié ses buissons.

GÉROJiTE.

Paris voit tous les jours de ces mélamoiphoses :

Dans tout le pré-aux-tdeics tu verras mêmes chose» ;

Ht l'univers entier ne peut rien voir dVjjal

Aux superbes dehors du palais Cardinal *.

Toute une ville entiore avic pom|)e bàlie

Semble d'un vieux fossé par miracle sortie,

\.i nous fait présumer, à ses superbes toits,

Que tous ses habitants sont dos dieux ou des rois.

Mais changeons de discours. Tu sais combien je t'aime?

DOnA>TE.

Je chéris cet honneur bien plus que le jour même.

Comme de mon hymen il n'est sorti que toi, I t que je le vois prendre un périlleux emploi, "ù l'ardeiM pour la gloire à tout oser convie, lit force à tout moment de négliger sa vie; Avant qu'aiicun malheur te puisse cire avenu, Pour te faire marcher uo peu plus retenu, Je te veux marier.

DORANTE, i part.

0 ma chère Lucrèce I

GÉRUNIE.

Je t'ai \(Milu rlioisir moi-même une maîtresse, Honnête, belle, riche.

Aa>oar<l'bni !<• PsIaii-ROval. C^ t\narticT, qui «t i prr«rnl un <!« plot p«^

^ ' !■' <lii pitlair i^i'iiii.il u<- >l>'vdil |.ii> (uiuilrr •■ >u)«rb« atit

P»':> ;.t d<>ji le Lfiii>r<' t-l le Luienilmiinç. Il n'est pa> lurprenant

m^e I. ■ - 1 ■ h.^l a louer lailirecD-nieiii le carillnal de Ri-

«»el.' ;lc plen-, el ini'nie donna i|ej baliiU !i quel-

<oe« •' i.,kD lSi3, el il clK-rchail <i te ilitnper i<ar

M* uiBMmrLii. IVolUire.)

4iO LE MENT EUH.

DOUANTE.

Âhl pour la bien choisir lion père, djnnez-TOu» un peu plus de loisir.

Je la connois assez. Clarlce esl belle el sage Autant que dans Paris il en soit de son à^je; Son père de tout temps est mon plus grand ami. Et l'affaire est conclue.

DOUANTE.

Ah ! monsieur, j'en frémi j D'mi fardeau si pesant accabler ma jeunesse I

GÉRONTE

Fais ce que je t'ordonne.

DORANTE, à part.

11 faut jouer d'adrtsse.

(hant.)

Quoil monsieur, à présent qu'il faut dans les combat* Acquérir quelque nom, et signaler mon bras.

GÉRONTE

Avant qu'être au hasard qu'un autre bras t'immole, Je veux dans ma maison avoir qui m'en console; Je veux qu'un petit-fils puisse y tenir ton rang, Soutenir ma vieillesse, et réparer mou sang. En un mot, je le veux.

DORANTE

Vous êtes inilexible^

GÉRONTE

Fais ce que je te dis.

DORANTE

Mais s'il est impossible?

impossible I et comment ?

DORANTE

Souffrez qu'aux yeux d« JÊHÊ Pour obtenir pardon j'embrasse vos genoux. Je suis...

GÉRONTE

Quoi?

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