‹ uvres des deux CorneilleChapitre 348 sur 433 · I.YSE · texte numérisé non relu

I.YSE

Vous jugerez par-là d un (oenr qui meurt d'amour. De VOS civilités ma maîtresse est ra\ie : Elle seroit venue, elle en brûle d'envie; Mais une compagnie au logis la relient . Elle viendra bientôt, et peut-être elle >ient, Et je me eonnois mal à l'ardeur qui l'eniporie. Si vous ne la Miyez même avant que je sorte. Accepte: cependant quelque peu de douceurs Fort propres en ces lieux à conforter les cceurs ; Les sèihes sont dessous, celles-ci sont liquides. CLITON.

Les amours de tantôt me sembloienl plus solides Si lu n'as autre chose, épaigne mieux tes pas;

Celle inégalilé ne me salisfnil pas.

Nous avons le cœur bon, el, dans nos aventures,

Nous ne fûmes jamais honini(?s à confitures.

BaJio, qui te demande ici ton sentiment?

CLITON

Ah ! tu me fais l'amour un pou bien rudement

LYSE

Est-ce à toi de parler ? que n'attends-tu ton heure

DORANTE

Saurons-nous cette fois son nom, ou sa demeure^

LYSE

Non pas encor sitôt.

DORANTE

Mais te vaut-elle bien?

Parle-moi franchement, et ne déguise rien.

LTSE.

A ce compte, monsieur, vous me trouvez passable?

DORANTE

Je te trouve de taille et d'esprit afjréable. Tant de grâce en l'humeur, et tant d'attraits aui yeu^ Qu'à te dire le vrai je ne voudrois pas mieux; Elle me charmera pourvu qu'elle te vaille.

LYSE

Ma maîtresse n'est pas tout-à-fail de ma taille. Mais elle me surpasse en esprit, en beauté. Autant et plus encor, monsieur, qu'en qualité.

DORANTE

Tu fais adroitement couler la tlatlcrie. Que ce bout de ruban a de galanterie!

Je veux le dérober. Mais qu'est-ce qui le suit?

LYSE

Rendez-le-moi, monsieur; j'ai hâte, il s'en va nuit

DORANTE

Je verrai ce que c'est.

LYSE

C'est une mignature.

DORANTE

Oh, le charmant portrait! l'adorable peinture^ Elle est faite à plaisir !

ALiE II, scf:m-: vi. «os

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