‹ uvres des deux CorneilleChapitre 355 sur 433 · CI.ITON, lui ôuot le portrait · texte numérisé non relu

CI.ITON, lui ôuot le portrait

rou» np. dites, monsieur, que dos extravagance», Fl pailtv justement le laii^aj^e des fous. D«Minor, j'entretiendrai ce portrait mieux que veut; le veux vous en montrer de meilleures méthodes, Et lui faire des vœux plus courts et plus comuiodet.

Adorable et riche beauté.

Qui joins les effets aux parole».

Merveille qui m'as enchanté Par tes douceurs et tes pistoles, Sache un peu mieux les partager; » El, si tu nous veux obliger

A dépeindre aux races futuret L'édai de tes faits inouïs, Garde pour toi les confitures, Et nous accable de louis.

IPdIà parler en homme.

DORANTE

Arrête tes saillies, Ol va du moins ailleurs débiter tes folies. Je ne suis pas toujours d'humeur à t'écouter.

CUTON.

Et je ne suis jamais d'humeur à vous flatter; Je ne vous puis souffrir de dire une sottise : Par un double intérêt je prends cette franchise : L'un, vous êtes mon maître, et j'en rougis pour v(NM| L'autre, c'est mon talent, et j'en deviens jaloux.

DORANTE

Si c'est là ton talint, ma faute est sans exemple.

CLITON

Ne me l'enviez point, le vôtre est assez ample; El puisqu'cnOn le eiel n>"a voulu départir Le dca d'( xtra\aj;iier, comme à vous de mentir, Comnie je ne mous point di'vanl votre excellence, Ne dfles à mes yeux aiuuiie extravagance; N'enlreprcnex sur moi, non [ilus que moi sur vout.

DOHANTi:.

Tais-toi ; le eiel m'envoie un enlrelieu plus doui» L'ambp^'^)tde revieul.

CLITON

Qup nous ;ipporle-l-('lIe?

DORANTE

Maraud, veui-tu toujours quoique douceur nouvelle!

CLITON

'îon pas, mais le passé m'a rendu curieux ;

le lui regarde aux mains un peu plutôt qu'aux yeux.

iCÈNE III. —DOUANTE, MÉLISSE .lôgi.iso. :n servante, cacbiai lOD visage tout une coiffe, CLITON, LYSE.

CLITON, à Lyte.

Montre ton passeport. Quoi! lu viens les maias vuides !

(à Dorante.) Ainsi détruit le temps les biens les plus solides; El moins d'un jour réduit tout votre heur et le mieo. Des louis aux douceurs, et des douceurs à rien.

LYSE

Si j'apportai tantôt, à présent je demande.

BOIUNTE.

Que veux-tu?

LYSE

Ce portrait, que je veux qu'on me rend<^

DORANTE

As-tu pris du secours pour faire plus de bruit?

LYSE

J'amène ici ma sœur, parce qu'il s'en va nuit : Mais vous pensez en vain chercher une défaite; Demandez-lui, monsieur, quelle vie on m'a faite.

I DORANTE

Quoi ! ta maîtresse sait que tu me Tas laissé?

LYSE

E^e s'en est doutée, et je l'ai confessé.

DORANTE

Elle s'en est donc mise en colère?

LYSE

Et si forte.

Que je n'ose rentrer si je ne le rapporte : Si vous vous obstinez à me le retenir, Je ne sais dès ce soir, monsieur, que devenir; Ma fortune est perdue, et dix ans de service.

ACTi: m, scENK m. sis

ftwiti"; il nVsl pour loi rlmst' qiio jo ne fisse : Si je te nuis ici, c'csl avec [;r;iii(J regret ; liais on aura mon cœur avant (]ue ce portrait.

Va dire de ma part à celle qui l'envoie Qu'il fait tout mon bonheur, qu'il tait toute ma joie; Que rien n'approiheroit de mon ravissein>;nt, Si je le possédois de son consenlemcul, Qu'il est l'unique bien où mon espoir se fonde, Qu'il est le seul trésor qui me soit cher au monde : El. quant à ta fortune, il est en mon pouvoir De la faire monter par-dolà Ion espoir.

LYSE

Je ne veox point de vous, ni de vos rccompcose*.

DORANTE

Tu me dédaignes trop.

LTSE.

Je le doU.

CLITOI».

Tu l'offense», liais vonlet-voas, monsieur, me croire ef vous venger' Rendez-lui son portrait pour la faire enrager.

LTSE.

0 le grand habile homme! il y connoll finesse. C'est donc ainsi, monsieur, que vous tenez promesse? Mais puisqu'auprès de vous j'ai si peu di; crédit, Demandez à ma sœur ce qu'elle m'en a dit, EU si c'est sans raison que j'.u tant l'épouvante.

DORANTE

Tu verras que ta sœur sera plus obligeante;

Hais si ce grand courrou\ lui doune autant d'effroi.

Je ferai tout autant pour elle que pour loi.

LTSE

ÏTim porte, parlez-lui-, du moins vous saurei d'eOfl ÂT« quelle chaleur j'ai pris votre querelle.

DURANTE, i MeliiM.

SoD ordre est-il si rude ?

MÉLISSE

Il est assez exprès ; Hais, sans mentir, ma sœur vous presse un peu de prêt; |uoi qu'elle ait commandé, la chose a deux visages.

su LA SU" TE nu MENTEUR.

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