‹ uvres des deux CorneilleChapitre 383 sur 433 · NOTICE SUK RODOGUNE. SM · texte numérisé non relu

NOTICE SUK RODOGUNE. SM

* r«>il«v»nir mère. Elle le foinl un instant , mais ponr mi«ix perdre ses ennrmis, c'est-à-ilire sa rivale cl »r« enfants; elle br.iM' tout, la venfreance îles dieux et la venpi'ance des hommes. Ecoutons cet hymne de haine et de colère, le plus terrible qua le théâtre Ait jamais entendu :

n fini oa condamocr ou couronner ma tiaiie! DCl le |>vu|>lp en fii eiir, p<iur se» maîtres oouveaui, D« mou sâDg odieux arniîer leun loinbeaux, elo. (Acte V, scèoe I.)

a Jamais l'ambition, la colère, la vengeance, toutes les passion* qui peuvent dévorer le cœur humain, n'ont été c\i)rimées avec plus de grandeur et plus d'énergie. Ne l'oubliniis p. s pourtant, et c'est ici que revient la pensée de l'étude que nous Taisons sur l'amour maternel, le titre de mère que garde Cléopàtre, quoiqu'elle l'oulilie d'une façon si horrible, ce titre même, en la rendant plus criminelle, prête à ses passions je ne sais quelle effroyable grandeur digne de la tragédie. Si Cléopàtre n'était pas mère, elle perdr.iit à 1 instant même une partie de l'horreur tra^'ique qu'elle inspire : ce ne serait plus qu'une ambitieuse ordinaire, ce ne serait plus qu'une femme irritée et vindicative. Elle a besoin, pour noi.s épouvanter, que nous nous souveuions de ce* sentmients maternels qu'elle a étouffés; et ce titre sacré de mère se sent encore là même oîi il est détruit.

• Mais Corneille, s'il se sort en poète tragique de ce titre de mère qui rend Cléopàtre plus effrayante, a soin aussi de noua avertir que, dans ces cours de l'Asie, qu'il a devinées et p<Mnles avec tant de pénétration , dans ces pays où le lien de la famille est relâché et détruit par la polygamie, les mœurs et les usages diminuent la force des sentiments naturels. Là, on n'est plus ni fils, ni époux, ni père : on est roi; là, on n'ist ni fille, ni mère : on est reine. L'égoîsme domine les atreetions de la nature, et c'est ce que Corneille nous explique, par la bouche de Séleuciis, avec cette sagacité politique qui est um- des partie* de B)n génie .

kk\ mou frcre, l'unonr c'est guère TekéiDeol P««r dei tu éievéi dans au ttannissenienl, etc. (Acte 11, sceoe iv.j >

Voltaire dit que Corneille s'est inspiré pour sa tragédie d'on ancien romau de Rodogune, imprimé chez .Somn'aviili-, r n ajoutant toutefois qii il n'a point vu ce roiiiaii, qu il i ii ii >(iileiiient •nteiidu parler. Mats pui-^que Voltaire lia |ioiiit vu le roman, il vaut mieux, nous le pensons, nous en rapporter a Curncille

To;ei la Mort i« fumpé*., A«^«n«, tfttomiiU.

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