NOTICE SUR LE CID
duile on toutes les langues de l'Europe, hormis l'csclavonnc tt la turque. Elle était en allemand, en ani^lais, en flamand; et, par nne exactitude flamande, on l'avait rendue vers pour vers; elle était en italien, et, ce qui est plus étonnant, en espagnol. Les Espagnols avaient bien voulu copier eux-mêmes une copie dont l'original leur appartenait. » Cette immense acclamation souleva contre Corneille un grand nombre de médiocrités vani» teuses. Une polémique d'une ardeur extrême s'engagea autour du Ci(i,etc«tte querelle fut, dans l'ordre littéraire, comme la contrepartie de la guerre que Descartes, au même momem,, allumait dans la pbilosophie. D'un côté- comme de l'iiutre, on étaS Jà eo pleine révolution, et la violence des partis n<= 3c témoijneil que trop. Les brochures se succédèrent avec une extrême rapidité. Le public se passionna comme les littérateurs et les poètes, et dans la seule année 1637, on vit paraître vingt-huit ouvrages critiques ou apologétiques". Le plus célèbre comme le plus violent de ces ouvrages, fut celui qui a pour titre : Observations sm le Cid.
« 11 est de certaines pièces, dit Scudéri au début de ce factum, comme de certains animaux qui sont en la nature, qui de loin semblent des étoiles, et qui de près ne sont que des vermisseaux. Tout ce qui brille n'est pas toujours précieux : on voit des beautés d'illusion, comme des beautés effectives, et souvent l'apparence du bien se fait prendre pour le bien même. Aussi ne m'étonné-je pas beaucoup que le peuple qui porte le jugement dans les yeux se laisse tromper par celui de tous les sens le plus
' En voici l'indication : 1° les Observations de M. de Scudéri sur le Cid. -■• î* Lettre apologe'tique, ou Réponse du sieur P. Corneille aux Observations an •leur de Scudéri. — 3* Les Sentiments de TAcadémie françoise sur la tragicomédie du Cid. — 4* Excuse à Ariste (par Corneille). — 5° Le Jugement du Cid, par un marguillier. — 6* Le Souhait du Cid en faveur de Scudéri. — 7* La Défense du Cid. — 8° Les Fautes remarquées en la tragi-comédie du Cid. — 9* L'Auteur du vrai Cid ar'iagnol à son traducteur françois. — 10° Lettre de M. de Scudéri à l'illustre Académie. — 11* LetVre du sieur Claverel au sieur Corneille. — 12* Examen de ce qui s'est fait p3ur et contre le Cid, avec un traité de la disposition et de la prétendue règle des vingt- quatre heures. — 13" La Preuve des passages allégués dans les Observations sur le Cid par M. de Scudéri. — 14* L'Ami du Ctd à Claveret. — 15° Réponse à l'ami du Cid. — 16° La Voix publique à M. de Scudéri. — 1T° Épître familière du sieur Mjiret au sieur Corneille. — 18° Pour le sieur Corneille contre les ennemis du Cid.— 19* L'Inconnu et véritable ami de MM. de Scudéri et Corneille. — 2()* LettK pour M. Corneille, contre les mots de la lettre sous le nom d'Anste — 21° Lettre à *•* sous le nom d'Ariste. — 22° Réponse de*** sous le nom d'Ariste. — 23* Épître aux poètes du temps sur leur querelle du Cid. — Q4° AviTtissement da Besançonnois Mairet. — 25° Lettre du sieur Claveret au sieur Corneille. — M» Lettre du désintéressé au sieur Mairet. — 27° Apologie pour le fieiir Mairet, contre les calomnies du sieur Corneille, de Rouen. — 28° Lettre Oe M. de Ballac à M. de Scudéri, sur ses Observations du C>d, avec la Répense de M, d« Icudéri à M. de Balzac.