‹ uvres des deux CorneilleChapitre 417 sur 433 · I10D0GU.NE · texte numérisé non relu

I10D0GU.NE

Quel mystère Vous fait, en l'acceptant, méconnoîlre une mère?

ANTmr.ncs.

Ah ! si vous ne voulez voir tiuir nos destins, Nommez d'autres vengeurs ou d'autres assassins.

UODOCLNE.

Ah! je vois trop réjjner son parti dans votre âme, Prince, vous le prenez?

ANTiocnrs.

Oui, je le prends, madame; Et j'apjiorte à vos pieds le plus pur de son sang Que la nature eufei nie en ci- malheiireiii Hanc. Satisfaites vou-i-méme à celte voix seeièle Dont la votre envers nous «laigne être l'interprète: Exécutez >«ii ordre; et liàlez-vous sur moi De punir une reine, el de venger un roi : Mais quille par ma mort d'un devoir si sévère, Eooutez-en un autre en faveur de mon frère. De deux princes uni"< M soupirer pour vous Prenez l'un p'jur Niclime, et l'aul/T pour e|)0Ui;

Punissez un des (ils des crimes de la mère,

M lis payez l'autre aussi des services du père;

El laissez un exemple à la postérité

El de ligueur entière, et d'entière équité.

Quoi! n'écouterez-vous ni l'amour ni la haiae?

Ne pourrai-je obtenir ni salaire ni peine?

Ce cœur qui vous adore, et que vous dédaignei.^

RODOGCNE.

Hélas, prince I

ANTiocnos.

Est-ce encor le roi que vous piaignei?

Ce soupir ne va-t-il que vers l'ombre d'un père?

Allez, ou pour le moins rappelez votre frère : Le combal pour mon âme étoit moins dangereui Lorsque je vous avois à combattre tous deux : Vous êtes plus fort seul que vous n'étiez ensemble; Je vous bravois tantôt, et maintenant je tremble. J'aime; n'abusez pas, prince, de mon secret : Au milieu de ma haine il m'échappe à regret; Mais enflu il m'échappe, et cette retenue Ne peut plus soutenir l'effort de votre vue. Oui, j'aime un de vous deux malgré ce grand courroui^ Et ce dernier soupir dit assez que c'est vous. Un rigoureux devoir à cet amour s'oppose : Ne m'en accusez point, vous en êtes la cause; Vous l'avez fait renaître en me pressant d'un choit Qui rompt de vos traités les favorables lois. D'un père mort pour moi voyez le sort étrange : Si vous me laissez libre, il faut que je le venge; El mes feux dans mon âme ont beau s'en mutiner. Ce n'est qu'à ce prix seul que je puis me donner : Mais ce n'est pas de vous qu'il faut que je l'attende^ Votre refus est juste autant que ma demande. A torce de respect votre amour s'est trahi. Je voudrois vous haïr s'il m'avoit obéi ; Et je n'eslime pas l'houneur d'une vengeance Jusqu'à vouloir d'un crime être la récompense. Rentrons donc sous les lois que m'impose la paix, Puisque m'en affranchir c'esl vous perdre à jamais. Prince, eu votre faveur je ne puis davantage ;

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