‹ uvres des deux CorneilleChapitre 54 sur 433 · ACTE IV, SCENi: II. M · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENi: II. M

l'infante.

Ma Chiiiunc, il est vrai qu'il a fait des inervcillo.

f.niMI.NE.

Déjà ce bruit fàrlioux a fni|i|ié mes oreilles; Et je l'entends partout pulili( r linutomeut Aussi brave guerrier que malheureux amaat.

l'infante.

Qu'a de fâcheui pour toi ee iliseours populaire? Ce jeune Mars qu'il loue a su jadis le plaire; II possédoit ton àme, il vivoit sous tes lois, Kt vanter sa >aleur c'est honorer ton choix.

cniMi:Ni:.

Chacun peut la vanter avec quelque justice; Mais pour moi sa louange est un nouveau supplice. On aiprit ma douleur en l'élevant si haut : Je vois ce que je perds quand je vois ce qu'il vaut. Ah, cruels déplaisirs à l'esprit d'une amante! l'Iu» j'apprends son mérite, et plus mon feu s'augmeol* ; Cependant mon devoir est toujours le plus fort. Et malgré mon amour va poursuivre sa mort.

l'infante.

Hier ce devoir te mit en une haute estime ; L'effort que tu te fis parut si inaguanime, Si digne d'un grand cœur, que chacun à la cour Admiroit ton courage et plaignoit ton amour. Mais, croirois-tu ra>is d'une amitié fidèle?

CHIMÈNE

Ne vous obéir pas me rendrait criminelle.

Ce qui fut juste alors ne Test plus aujourd'hui. Rodrigue maintenant est notre unique appui, L'espérance et l'amour d'un peuple qui l'adore, Le soutien de Castille, et la ttcrcur du Maure. Le roi même est d'accord de cette vérité, Que ton père en lui seul se voit res8ust;ité ; Et si tu veux enfin qu'en deux mots je m'explique. Tu poursuis en sa mort la ruine publique. Quoi! pour venger un père est-il jamais permit De livrer sa patrie aux mains des ennemis? Contre nous ta pomsuile est-elle légitime? Et pou- être punis avons-nous part au crime.'

Cp nVst pas qu'après (oui tu doives épouser Celui qu'un pore moil l'ol)li{;eoil d'accuser; Je to voiidiois inoi-nicuio eu arracher l'envia ; 0<e-lui ton amour, mais laisse-nous sa vie.

CHIMENi:.

Ah ! ce n'est pas à moi d'avoir tant de bouté; Le devoir qui m'aigrit n'a rien de limité. Quoique pour ce vainqueur mon amour s'intéresse Quoiqu'un peuple l'adore, et qu'un roi le caresse, Qu'il soit environné des plus vaillants guerrière, J'irai sous mes cyprès accabler ses lauriers.

l'infante. .

C'est générosité quand, pour venger un père. Notre devoir attaque une tête si chère; Mais c'en est une encor d'un plus illustre rang, Quand on donne au public les intérêts du sang. Non, crois-moi, c'est assez que d'éteindre ta flamiae^ II sera trop puni s'il n'est plus dans ton âme. Que le bien du pays t'impose cette loi; Aussi bien que crois-tu que t'accorde le roi ?

CHIMÈNE

A peut me refuser, mais je ne puis me taire.

Pense bien, ma Chimène, à ce que tu veux faire. Adieu : tu pourras seule y songer à loisir.

CHIMÈNE

Après mon père mort, je n'ai point à choisir.

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