‹ uvres des deux CorneilleChapitre 66 sur 433 · SCÈNE V. — D. SANCHE, CHIMÈNE . ELVIRK · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — D. SANCHE, CHIMÈNE . ELVIRK

D. SANCUE.

Madame, à vos genoux j'apporte celle épée...

CniMÈNE.

Quoi! du sang de Rodrigue encor toute trempée? Perfide, oscs-lu bien te montrer à mes yeux, Après m'avoir ôté ce que j'aimois le mieux? Éclate, mon amour, tu n'as plus rien à craindre. Mon père est satisfait, cesse de te contraindre; Un même coup a mis ma gloire eu sûreté, Mon âme au désespoir, ma flamme en liberté.

1). SANCHE

D'un esprit plus rassis...

cniMÈNE.

Tu me parles encore.

Exécrable assassin d'un héros que j'adore! Va, tu l'as pris en traître; un guerrier si vaillant N'eût jamais succombé sous un tel assaillant^. N'espère rien de moi, tu ne m'as point servie; Et, croyant me venger, tu m'as ôté la vie.

D. SANCHE

Étrange impression qui, loin de m'écouter...

CHIMÈNE

Veux-tu que de sa mort je l'écoute vanter, Que j'entende à loisir avec quelle insolence Tu peindras son malheur, mon crime, et ta vaillance *t

' Ici Corneille a retranché les vers que voici :

ELVIIE.

Mak, madame, écoutez.

CHIMÈNE

Que veux-tu que j'écoute?

Apre» ce que je vois, puis-jc être encore en doute? J'obtiens pour mon malheur ce que j'ai demandé, Et ma juste poursuite a trop bien succède. Pardonne, cht-r amant, à sa rigueur sanglante, Songe que je suis lille aussi-bien comme amante : Si j'ai vengé mon père aux dépens de ton sang. Du mien iiour te venger j'épuiserai mon flanc. Mon âme désormais n'a rien qui la retienne ; Elle ira recevoir ce pardon de la tienne. Et loi, qui me prétends acquérir par sa mort. Ministre déloyal de mon rigoureux sort... • II y a dans le Cil une scoiic qui excite toujours des murmures. C'crt «-H* «à doD Sanebe vaicti apporte auu ui>éc à Cbimène. C'était l'usage des ancieM

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