ACTE V, SCLNE VI. M
SCÈNE VI. LE KOI, D. DIÈfîLIK, D. AHIAS. D. SANCHE, D. ALONSE, CHIMÈiNE. ELVIUE.
CIIIMKNE.
Sire, il n'est plus besoin de vous dissimuler
Ce que lous mes efforls no vous out pu celer.
J'aimois, vous l'avez su ; mais, pour veni;er moD père.
J'ai bien voulu pioscrire uue tète si cbérc :
Votre majesté, sire, elle-même a pu voir
Comme j'ai fait eétier mon amour au devoir.
Enfin Rodrigue est mort, et sa mort m'a changée
D'implacable ennemie en amante aflligée.
J'ai dû cette >eu<jeance à qui m'a mise au jour,
El je dois maintenant ces pleurs à mon amour.
D(»n Sanche m'a perdue en prenant ma défense;
Et du bras qui me perd je suis la récompense:
Sire, si la pitié peut émouvoir un roi,
De grâce, révo(iuez une si dure loi ;
Pour pri\ d'une victoire où je jierds ce que j'aime,
le lui laisse mon bien; qu'il me laisse èi moi-même .
Qu'en un cloître sacré je pleuie incessamnient.
Jusqu'au dernier soupir, mon père et mou amant.
D. DIEGLE.
Enbn, elle aime, sire, et ne croit plus un crime D'avouer par sa bouche un amour légitime.
LE noi.
Cbimène, sors d'erreur, ton amant n'est pas mort; Et don Sanche vaincu ta fait un fdui rapport.
D. SANCHE
Sire, un peu trop d'ardeur malgré moi l'a déçue : Je venois du combat lui raconter l'issue.
ckeTal)«n d'envojer aiosi aux piedt de leur maîtresse renocmi qu'ils ataicnt terruu. La drIicale&M: dl- permet pas à Hodrigue victorieux de se pr'^tutat lB>HDcme pour réclami-r l<> prix du combat 11 est naturel qc^ Chinirno, en vojaot reteoir l'adversaire de Bodrigue, s'itiiagine que s^a amant est n.ort; il Mt oaturel qu'elle exhale u colère coutre ce cki-valier qui u'<-i>t :i «c'^ \i'iii ^'oo asiasaio, et qu'elle refuM- de l'entendre; mais il faut convenir que l.i i>.< fhtr ••«l trop pniInpiçM., dl' in*nif que r<>||« ilu vieil Horace : ce|icudui.i ■ ,e J ' ,.arder le lileiici- mit 'le>
<>^t dans lj raili!>--'> da r. ■'. ''l daus Ir-pci-i- ' .vi>
iiM,..' 1.; i i'. U.l [c^iiku i,i.. iv.1 ci:l uidL^.: u iU4a:ei duul Obiuieue I a. Cible.
Ifivearoy.J
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Ce géncreiix guerrier dont son cœur osl diniiné, ■ Ne crains rien, m'a-t-il dit quand il m'a drsarmé. t Je laisscrois plutôt ma victoire incertaine,
• Que de répandre un sang liasardô pour Ciiimène;
• Mais puisque mon devoir m'appelle auprès <lu roi, » Va de notre combat l'entretenir pour moi,
» De la part du vainqueur lui porter ton épée. » Sire, j'y suis venu : cet objet l'a trompée; Elle m'a cru vainqueur, me voyant de retour; Et soudain sa colère a tralii son amour, Avec tant de transport, et tant d'imjiatience, Que je n'ai pu gagner un moment d'audience. Pour moi, bien que vaincu, je me répulc heureuxî Et malgré l'intérêt de mon cœur amoureux, Perdant infiniment, j'aime encor ma défaite, Qui fait le beau succès d'une amour si parfaite.
LE ROI
lia fille, il ne faut point rougir d'un si beau feu,
Ni chercher les moyens d'en faire uu désaveu :
Une louable honte en vain t'en sollicite;
Ta gloire est dégagée, et ton devoir est quitte;
Ton père est satisfait, et c'étoit le venger,
Que mettre tant de fois ton Rodrigue en danger.
Tu vois comme le ciel autrement en dispose.
Ayant tant fait pour lui, fais pour toi quelque chose,
Et ne sois point rebelle à mon commandement,
Qui te donne un époux aimé si chèrement.
SCÈNE VII. - LE ROI, D. DIÈGUE, D. ARIAS, D. ROBRI« GUE, D, ALONSE, D. SANCHE, L'INFANTE, CHIMÈNEf LÉONOR, ELVIRE.
l'infante.
Sèche tes pleurs, Chimène, et reçois sans tristesse Ce généreux vainqueur des mains de ta princesse.
D. HODRIGDE.
Ne vous offensez point, sire, si devant vous Un respect amoureux me jette à ses genoux Je ne viens point ici demander ma conquête; Je viens tout de nouveau vous apporter ma tête. Madame, mon amour n'emploira point pour moi, Ni la Ici du conrbat, ni le vouloir du roi.