SCÈNE II. - SABINE, JULIE
SABINE
En est-ce fait, Julie? et que m'apportez-vous?
Est-ce la mort d'un frère, ou celle d'un époux?
Le funeste succès de leurs armes impies
De tous les combattants a-t-il fait des hosties*?
Et, m'enviant l'horreur que j'aurois des vainqueurs.
Pour tous tant qu'ils étoient demande-l-il mes pleurs?
JULIE
Quoi! ce qui s'est passé, vous l'ignorez encore?
SABINE
Vous faut-il étonner de ce que je l'ignore? Et ne savez-vous point que de cette maison Pour Camille et pour moi l'on fait une prison?
' Hosti* ne se dit plus, et c'est domoMge; il ne reste plus ^ue le ntot i» iicttme. [Toltairte
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Julie, ou nou< onfonno, on a pour do nos larmes-, Sans cola nous serions au milieu de leurs armes, Et, par les désespoirs d'une chaste aniilié. Nous aurions des deux camps tiré quelque pitié.
JULIE
Il n'etoit pas besoin d'un si tendre spectacle,
Leur vue à leur combat apporte assez d'obstacle
Sitôt qu'ils ont paru prêts à se mesurer.
Ou a dans les deux camps eutemiu murmurer :
A voir de tels amis, des personnes si proches,
Venir pour leur patrie aux mortelles approches;
L'un s'émeut de pitié, l'autre est saisi d'iiorreur,
l/aulre d'un si {;rand zèle admire la fureur;
Tel porte jusqu'aux cieux'leur vertu sans égale,
Il tel l'ose nonuuer sacrilège et brutale.
Ces divers sentiments n'ont pourtant qu'une voix,
Tous accusent Vurs chefs, tous détestent leurs choii,