‹ uvres des deux CorneilleChapitre 99 sur 433 · SCÈNE II. - SABINE, JULIE · texte numérisé non relu

SCÈNE II. - SABINE, JULIE

SABINE

En est-ce fait, Julie? et que m'apportez-vous?

Est-ce la mort d'un frère, ou celle d'un époux?

Le funeste succès de leurs armes impies

De tous les combattants a-t-il fait des hosties*?

Et, m'enviant l'horreur que j'aurois des vainqueurs.

Pour tous tant qu'ils étoient demande-l-il mes pleurs?

JULIE

Quoi! ce qui s'est passé, vous l'ignorez encore?

SABINE

Vous faut-il étonner de ce que je l'ignore? Et ne savez-vous point que de cette maison Pour Camille et pour moi l'on fait une prison?

' Hosti* ne se dit plus, et c'est domoMge; il ne reste plus ^ue le ntot i» iicttme. [Toltairte

ACTK m, SCtNE II. 155

Julie, ou nou< onfonno, on a pour do nos larmes-, Sans cola nous serions au milieu de leurs armes, Et, par les désespoirs d'une chaste aniilié. Nous aurions des deux camps tiré quelque pitié.

JULIE

Il n'etoit pas besoin d'un si tendre spectacle,

Leur vue à leur combat apporte assez d'obstacle

Sitôt qu'ils ont paru prêts à se mesurer.

Ou a dans les deux camps eutemiu murmurer :

A voir de tels amis, des personnes si proches,

Venir pour leur patrie aux mortelles approches;

L'un s'émeut de pitié, l'autre est saisi d'iiorreur,

l/aulre d'un si {;rand zèle admire la fureur;

Tel porte jusqu'aux cieux'leur vertu sans égale,

Il tel l'ose nonuuer sacrilège et brutale.

Ces divers sentiments n'ont pourtant qu'une voix,

Tous accusent Vurs chefs, tous détestent leurs choii,

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