‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 15 sur 59 · XXX ESSAI SUR LA. VIE · texte numérisé non relu

XXX ESSAI SUR LA. VIE

qu'il eut le plaisir et l'honneur d'expliquer d'une manière satisfaisante la belle mosaïque de Palestine. Plusieurs savants illustres en avaient donné avant lui des explications fort ingénieuses, niais auxquelles il se permit d'en substituer une plus simple et mieux fondée, On s'était attaché à trouver la clef de cette grande énigme dans la vie de Sylla et dans les jeux de la fortune. On voyait Alexandre, arrivaiTt en Egypte, et paraissant à côté de la victoire, sous une tente, au milieu de l'élite de ses gardes où de ses généraux. C'était , disait-on , c'était Sylla , sous les traits du héros' de Macédoine, pour rappeler aux Romains, dans le temple de la Fortune à Prénesle (aujourd'hui Palestrine), les oracles de cette déesse qui justifiaient l'élévation du dictateur, comlne l'oracle d'Ammon avait légitimé le conquêtes d'Alexandre. Barthélémy ne vit ni Sylla, ni le vainqueur grec; il vit à leur place l'empereur Hadrien ; il prouva qu'il avait vu ce qu'il fallait voir; et cette découverte, très-difBcultueuse par la multitude immense d'accessoires qu'elle entraînait , fit un honneur infini à son modeste auteur, qui luimême ne la regardait que comme une simple restitution de texte. On trouvera, dans le trentième volume de l'académie des Inscriptions , cette dissertation si curieuse et si intéressante pour les artistes comme pour les savants.

M. de Stainville étant venu à Paris au commence-

DE J. J. BARTHELEMY. XXXf

ment de 1757, fiit nommé bientôt après h Tambâ^sade devienne, et sa femme, qu'il avait laissée à Rome, revint le joindre, et ramena Barthélémy avec elle. Celui-ci trouva ses désirs devinés par M. de Stainville ^ qui était convenu avec le ministère d'un arrangement bien favorable à la passion de l'abbé pour la belle antiquité. Il devait accompagner l'ambassadeur àVienne, aller de là, aux dépens du roi, parcourir la Grèce et les échelles du levant, y amasser de nouveaux trésors, et les rapporter en France par Marseille ; mais^ quelque attrait que ce projet eût pour lui , son attadiement à ses devoirs l'emporta ; il ne crut pas pouvoir laisser le cabinet des médailles si long-temps fermé, et il se refusa à une offre si flatteuse.

A la fin de l'année suivante, M. de Stainville, alors duc de Choiseul, fut appelé au ministère des affiiires étrangères, que lui laissa, en se retirant, l'abbé de Bernis , devenu cardinal. Le premier mot que le nouveau ministre et sa flemme dirent alors à Barthélémy, fut pour s'informer de ses besoins, auxquels, dirent* ils, c'était désormais à eux de pourvoir, comme de son coté c'était à lui de s'adresser à eux pour les en in-» struire. Barthélémy, surpris de tant de bonté, et forcé par eux de s'expliquer, demanda une pension de six raille livres sur quelque bénéfice, et rougit de sa demande. Le généreux ministre sourit; et ce sourire, que Barthélémy regarda seulement comme une nou-

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