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velle m^^v^ de bonté, aurait paru à tout autre , ce qui! était réellement, le présage e^ l'annonce dMne plus grande £>rtune. Il était bien éloigné de chercher à Taçcroître ; mais la bien£ii^ance active de ses protee^ teurs ressemblait à lactivilié de Cé^ar, qi^i croyait n'avoir riao fait tant qu'il restait quelque chosa k faire. Ih I0 comblèrent de grace^, ^t dans )e^coiiraflt de quelques années lui procurèr^t une aisance à laquelle il ne s'attendait pas , et qui l^i attira bien dfis jaloux, malgré le bon usage qu'il en fit.
Il eujt successivement , d'abord une pension ^ur l'ar^ chey^hé 4'AI)>y, ensuite la trésorerie de Saint-Martin de Tours, et enfin la place de secrétairo-général des Suisses. Il jouissait, outre cela, depuis 1760, d'une pension d^ cinq mille livres sur le S^rcure. On l'avait même fprcé un ]nolpe^t,. malgré son extrême répu« gnance , à s^ccepter Iç privilège de ce journal , alors très4uCFatif , dont on venait de dépouiller par erreur M. Maniiantel , qu'on croyait l'auteur d'une satire safiglante contjr^ des personnes de distinction^ Il n'était pas capable 4e prostituer sa plume à un ouvrage de ce genre, et il n'y avait eu aucune espèce de part. Il en avait fait la lecture à un souper où plusieurs personiM l'avaient ezitendu, et la pièce était de M. de Cury, ancienoiement trésorier de l'armée d'Italie, en 1 733. Je me souviei^s de l'y avpir beaucp^jp vu : c'était un agréable débauché qui avait quelque b|Ient, sur-
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tout celui de la pbisaaterie, qu'il poussait volontiers jusqu'au sarcasme; honnête d'ailleurs^ iutègre, oliligeant^ et digne d'avoir deë amis, conini)^ il était ca^ pable de se fisûre des ennemis. M. Maruionilel ^ à qui on atttibaait la parodie de Cinna, cette pièce juste^ ment r^rouvée , n'ignorait pas quel en était l'auteur; tnaîs il se tut , il souffrit la perte de sa fortune , il aima nseux U sacrifier que de trahir le secret qu'on lui avait confié , et qui n'a été découvert que iopg-lemps après l'oubli de l'afifaire.
Ce fut à l'occasion de cette tracasseriie , que les protecteurs de Barthélémy le forcèrent à ne pas s'obs*tiner à refuser le Mercure; mais il trouva le moyen de ne le garder quUn moment, et il le céda à M. de la Place. On lui conserva sur le privilège, par iWdre exprès de ses protecteuts , une pension de cinq miU^e livres , mais il sut aussi bientôt s'en défaire , en W cédant à dés geûs de lettres fort .estimablesi
£n 1 77 T, M. d'Aiguillon remplaça^dans le miuîstàre
M. de Choiseul, qui fut exilé à sa feerre de Gianteloup»
oii Barthélémy ne mikicpia pas de le suivre. Bientol: on
demanda au ministre disgracié la démission de sa charge
de colonel-général des Suisses; il lenvoya sur-lenchanip,
et l'abbé ^voulait envoyer eti même temps la sienne du
secrétamt ; mais M. de Choiseul l'engagea à l'aller
offrir lui-même à h cour, et h ne pas se dessaisir^ sahs
quelque indeoinité, d'un brevet scellé du grand sceau, i c
Sé
)£XXrV ESSAI SDR LA VIE
et revêtu de lettres patentes, enregistrées au parle'ment. Barthélémy obéit à ce conseil aussi judicieux qu'amical. Il se rendit à Paris , et présenta son brevet à M. d'Affry, chargé du détail des Suisses et Grisons. M. d'Affry le refusa; mais plusieurspersonnages, trèscsonsidérés alors à la cour, le pressèrent de mettre la démission sous les yeux du roi ; et voyant Barthélémy inébranlable dans sa résolution de retraite, malgré l'offre qu'on lui fit de bonne part die s'adoucir ea.sa faveur, s'il promettait de ne pas retourner à Chanteloup , l'honnête M. d'Affry termina enfin l'af&ire , et fit réserver à l'abbé une pension de dix mille livres sur la place. Il n'avait rien demandé, ^t, dès le lendemain de la décision, il repartit pour Chanteloup.
Au moyen de cette indemnité , Barthélémy se trou^ vait jouir encore d'environ trente -cinq mille livres de rente , que , par différentes cessions à des gens de let* très pauvres , il sut réduire à vingt-cinq, dont il ne fit pas un usage fastueux, mais un emploi convenable à sa situation, et digne d'un homme de lettres vraiment philosophe sans ostentation. Il éleva , il établit trois neveux; il soutint le rdste de sa famille en Provence, et il se composa une bibliothèque nombreuse et bien choisie, qu'il a vendue quelques années avant sa mort.
Après avoir joui pendant une vingtaine d'années de son aisance , il s'est trouvé sur la fin de sa vie réduit au strict nécessaire, par les suppressions de places
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et d'appointements auxquelles il fut soumis. Il ne s'en est jamais plaint, il tie paraissait pas même s'en apercevoir; et, tant qu'il a pu se traîner, courbé d'une manière effrayante par l'âge et les infirmités, On l'a vu, allant gaiement à pied d'un bout de Paris h l'autre, porter ses soins et son attachement à sa respectable amie, madame de Choiseul , qui , de son côté , lui prodiguait des attentions aussi tendres que si elle eût été elle-même son obligée.
En 1789, on le pressa de demander une place vacante à l'Académie française. Il s'était plusieurs fois refusé, par modestie et par prudence, à de pareilles sollicitations; mais enfin il se rendit aux instances do ses amis et au vœti de l'Académie. Il fit ses visites, précédé par sa réputation , et par la célébrité de àon bel ouvrage intitulé: Foyage du jeune Anacharsis^ qui avait paru l'année précédente.
Il l'avait commencé en 1757, et on s'étonne de la constance d'un auteur qui , durant trente ans , suit le même plan et s'occupe du ndême travail. 11 est bien plus étonnant qu'un homme ait osé concevoir l'idée d'im si vaste édifice, et qu'au milieu d'une foule de devoirs auxquels il ne manquait jamais , il ait pu achever cette merveilleuse fabrique en trente années seulement.
Dans cette composition , à laquelle nulle autre ne ressemble , on ne sait ce qu on doit admirer le plus , ou de l'immense étendue de connaissances qu'elle exi-
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geait et qu'elle renferrae , ou de Tart singulier des rapprochements et des transitions, qui a su lier imperceptiblement tant d'objets disparates entre eui^ ; ou da rélégance continu» et de l'agrément infini de toutes les narrations , de toutes les discussions , qu'au premier coup d'œil on serait tenté de prendre pour les jeux d'une belle imagination. Telle a été, en effet, la méprise de quelques personnes qui ont donné le nom de roman à un ouvrage oit on trouve toute vérité, et oïl on ne trouve que des vérités. Cette critique , plus applicable à la Cyropédie de Xénophon qu'à l'Ana* charsis de Barthélémy, ne mérite pas d'être réfiitée, et je ne m'étendrai pas davantage sur un livre qui est entre les mains de tout le monde , que tout le monde relit, et dont la lecture est touj,ours également attachante et instructive.
Barthélémy fut élu par acclamation à l'Académie française ; et à sa réception il fut accueilli , et , pour ainsi dire, couronné par les acclamations publiques. Son discours fut comme sa vie et son caractère , un tissu, un modèle de simplicité, de sentiment, de mo* destie; et le directeur (i) qui lui répondit , enrichit s^ réponse des grâces piquantes et délicates qui brillent
dans tout ce qui sort de .sa plume.
(i) M. de BoiifHers, si ronnu par de charmants ouvrages.
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L'année suivante, M. de SaiéNPriest , alors unninliv du département de Paris et des lettres, offrit a Barthélemy Thoiiorable place de biUiothéGaîre du roi , vacante par la démission de M. Le Noir* L'abbé recjul cette offre flatteuse avec reconnaissance , et refiisa la place: ne croyant pas,* accoutumé comme il Tétait à des travaux littéraires libres et indépendants, poi^ voir se charger des détails minutieux et forcés de ce grand dépôt
Circonscnt par son goÛt et par sa modestie dtaxn k soin et les travaux du cabinet des nédaiUes, il s'y livrait avec une ardeur toujours nouvelle, aidé par son nevev Barthélémy Couiray qui lui avait été assoctégrn ij^t et qui est aujourd'hui titulaire de la place.OTest fait'r assez Véloge du neveu que de dire qu'il est dtghe d'uH tel oncle, et c'est une justice qu'on ne peut se dispenser de lui rendre.
Le cabinet s'était singulièrement accru et embelii entre les mains île Barthélémy : son activité, sa vigilance ne négligeaient aucun objet ; et ses cdrres|ioo- 4ances, qui eiiibrassaieiit, avec un égal suocè:}, toult la Frajice et toute TEurope, lui prormraient oliaque jimr dé nouveaux Irésèrs. La Suède et le Danemark s«e prêtèrent à cette contribution , comme sivait fait riCaJiei^ et complétèrent, pour leur part, la colleotion dits médailles modernes.^ 'dont la suite avait été ué»gligée après la mort (le M. Colbert,ce giuuad homme ,
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qui ne négligeait rien de ce qui pouvait contribuer ou à la richesse ou a Tornement de la France.
Mais les médailles modernes , qui n'apprennent guère que ce qu'on sait d'ailleurs , ne paraissaient pas à Bar* thélemy un objet aussi intéressant, pour le cabinet, que les antiques; et c'était à ia recherche de celles-^ci qu'il donnait, avec raison, ses plus grands soins. Il n'y à que les initiés dans ce genre de travail, qui puissent avoir une idée des difficultés qu'il présente, des peines infinies qu'il coûte. Veiller sans cesse à la découverte des monuments rares, précieux, uniques même qui se trouvent enfouis dans divers cabinets; les y dë||rrer à force de vigilance et d'activité ; se les procure^n les achetant avec économie; ne les insérer dans une des suites qu'après s'être assuré , par un es^amcn minutieux , de leur authenticité , et des singularités qui les distinguent de quelques autres à peu près semblables; les inscrire enfin au catalogue, avec leur description claire et précise : telle est la foule de détails auxquels Barthélémy dut sacrifier, pour l'in*» térêt du cabinet dont il avait la garde, une grande partie de son temps, de ce temps qu'il employait &t bien et si agréablement pour lui dans ses études particulières. Il se livra à ce travail obscur et pénible avec tant d'ardeur et de constance, qu'il parvint à doubler les richesses du cabinet. Il y avait trouvé vingt mille médailles antiques , il en a laissé quarante mille ;