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et je tiens de lui que, dans le cours de son administration , ii lui en avait passé par les mains et sous les yeux qQatre*cent-inille.
Outre celles que lui procuraient des hasards fréquents, suite naturelle et juste salaire de ses oorres-» pondances suivies sans relâche, il fit Taequisition im« portante de plusieurs collections précieuses, formées par divers amateurs éclairés et savants. Celles de Qiry^ de dèves , de Pellerin et d'Ennery lui fournirent une foule d'objets du plus grand prix par leur belle conservation ei leur rareté. II y en avait même plusieurs d'uniques dans le recueil de Clèves^ qui embellirent singulièrement la suite des médailles impériales en or.
La^ collection de Pellerin était la plus complète qu aucun particulier eût jamais possédée. Il avait été très-long-temps premier commis de la muripe , et une correspondance de plus de quarante années avec tous nos consuls du Levant, Tavait enrichi d'une infinité de médailles grecques inconnues jusqu'alors.
Le cabinet étant parvenu à un si haut degré d'accroissement et de réputation , il était temps d'en publier, les trésors et de les communiquer à tous les savants ;de l'Europe. C'était la dernière opération qui devait couronner les longs travaux de Barthélémy, et c*eut été en même temps de sa part un moyen de s'acquitter envers togis les antiquaires français ou étrangers qui lui avaient fourni à l'envi tant de précieux
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XL ESSAI SUA LA Yl£
iimtériatiiL. Cette reconnaissance leur était due par un homme leur associé dans les diverses compagnies 8a«vantes qui s'étaient empressées d'iUscrirol son^nom dana leurs fastes; car, outre l'Acadéiiiie française^ rAoadémie des- Inscriptions et l'Académie de Marseille , il était encore de celles de Madrid, de Gortone, de Pezaro, de Héssè-Cas0el, enfin de celle des Antiquaires et de la Société repaie de Londresi. .
Par ce ootiodinrs de 'moii& Imtriotiqùes et personnels; Barthélémy atatt à cœur de finirisa carrière en pubtiàHit une notice, une description exacte et raison«< née des richesses dont le dépôt lui était ooofié. L'opiération était dispendieuse par fa quantité de gravures qu'exigeait un semblable recueil, et elle avait b^in non -seulement de l'attache, mais des secours du gouvernement. Barthélémy obtint, en 1787, Taveu du mliiistère, et il semblait p'avoir plus rien à désirer. Mais la bomie volonté de M. de .Breteuil /alors ministre d'état, zélé poUr la gloit^ des lettres, fut arrêtée prs^ diverses circonstances impérîefises. L'^nbécoasdes finances , à cette époque déàaâlreose ^ fiit suivi des a^emfolé^s des niotables, qui ametièt-ent les états gé^ néi^uk, ffàh sortit un nouvel ordre de choses; et tels furent le^ obstacles qui, s'opposa nt- d'i^bord à l'exécution de cette belle entreprise, en firent bientôt oublier le projet. Ce fut là le premier succès que manqua l'abbé ns sa poursuite continuelle des avantages de la ///
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térature. La fortune semblait avoir attendu la fin do sa carrière , pour lui faire sentir le poids de ses iné'vitables disgrâces ; et il ne tarda pas à avoir roocasieii de se rappeler et de s'appliquer le mot si connu àa sage ^lon au roi Crésus : « Nul homme ne peut a êti'ë réputé véritablement heureux dv«iit te mort, tf
Dèi l'année 1 792 , la diminution de ses ibrces et sa défsadence progressive $e fiitsaieni i^emi^rquer sensible^ ment; et, au commencement de l'anifée Suivante, on le vit sujet à tomber dans des faiMbsséa, dans des éva* nottissement^ cpii le laissaient Aans cownaissance peU^ dant des heures entières^ Courageux et câline par caractèt^e, il ne s'inqUiétoit pas de ces accidents pas«^ sagebs; mais ses amis, en prévoyAient avec donletii* le danger trep proohain.
il afait alors 'BÔixante«dt«-huit ans, remplis par soikanle années de travaux; et il touehaîl à une disgrade <pie son âge, M% tBfnhnîtes , sa conduite ne per^ mettaient pas seulement de. soi^onner.
Le 3o août. 1793, il fut détoacé ko» -prétexté dWislœratie (p) (accisttatîon <|Qi pouvait surprends^ un liomivie à q^'la iapg^oe greecpie était M'&nttlâère)i et son* iteMo pantageek tset^^ inculpation v ^^^^ qw^ cinq bu six adtres de leufs cobpërateurs à la bibbo*^
(î) Apiçoiwotf £ia , wmto(^>-/W:fc? , jjoilvétnwneîit des grands, ou des perMai|o&' les plus consiàérafoles d'im utat.
XLII ESSAI StJR LA VIE
tlièque. La dénonciation était du nommé 'Duby, oom* mis à la bibliothèque , et consignée dans une lettre de lui au nommé Chrétien, limonadier, membre de la section dont est la bibliothèque, qui lut cette lettre à la section d abord, et ensuite à k commune. Duby ne connaissait pas Chrétien ; Chrétien ne connaissait pas Duby; Barthélémy n'avait jamais vu ni l'un ni laujtre; et il est aisé déjuger qu'il n'était pas mieux eonnu d'eux. Dans les temps de trouble, où la défiance paraît de première nécessité, tous les dénonciateurs sont écoutés, et toutes les dénonciations sont reçues. Celle-ci eut son effet , et les prévenus d'accusation furent conduits à la prison des Magdelonettes. On alla chercher Barthélémy chez madame de Choiseul oii il était alors. Il fit promptement ses adieux à sa protectrice, qui les reçut avec uu attendrissement qu'il partageait, mais qu'il ne lui montrait pas. C'est de là que ce respectable vieillard fut mené au lieu de sa détention, où il trouva son neveu Courçay, qui avait annoncé à ses camarades l'arrivée prochaine de son oncle. La victime ne tarda pas , et s'offrit en sacrifice avec la sérénité peinte sur le visage. Son ame, aussi élevée que simple et modeste, jouissait du calme que donne la conscience d'une vie sans reprodie. Ce n'était pas qu'il pût se cacher le danger de sa situation combinée avec son grand âge et ses infirmités. Il sentait qu'il ne pourrait résister que peu de jours aux incommodités d'une pri«on où
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il manquerait des secours qui lui étaient nécessaires* 11 le sentait, et il le dit à son neveu; mais il se rési-* gnait en paix à sa destinée , sans se troubler par des reflexions, des souyc»iirs du passé, qui aggravent sou* vent le malheur des prisonniers. L'époque de sbn arrestation n'avait pas échappé à Tobservatioa de ceux dont il devenait le camarade. C'était le a septembre , Fanniversàire tiop mémorable d'one journée que nos neveux effacérool, s'ils le peuvent , des fiistes de la France. Ce triste souvenir semblait être un mauvais augure du sort d^ Barthélémy; mais aucun des prisonniers n'eut l'indtscrétimi de le lui rappeler.
Us vinrent tous au devant de lui avec empressement à ^la porte de la prison , et l'accueillirent avec les témoignages d'une vénération profonde et d*un atten* drissement sincère. Son entrée dans la maison de deuil et de larmes avait l'air d'un triomphe. Le concierge ^ nommé Yaubertrand, et dont il est juste de conserver le nom, eut pour lui des attentions touchantes, et lui marqua tous les égards qu'il pouvait lui marquer. On le plaça dans une p^ite chambre avec son neveu , qui lui prodigua les soins les plus tendres, et ce fut là qu'il reçut daas la soirée la visite de madame de Clioiseul. Cette femme si délicate, dont une extiême sen*sibiiité use les ressorts , mais à qui l'amitié fait toujours trouver des forces, n'avait pas perdu un moment pour éclairer la religion d9 gouvernement siif l'crreiir