‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 20 sur 59 · XLVI ESSAI SUR LA VIE · texte numérisé non relu

XLVI ESSAI SUR LA VIE

et ses traits à ses mœurs et à ses occupations. Sa figuré avait un caractère antique , et son buste ne peut être bien placé qu'entre ceux de Platon et d'Aristote. Il est l'ouvrage d'une main habile (M. Houdon), qui a su mettre dans sa physionomie ce mélange de douceur, de simplicité, de bonhomie et de grandeur, qui rendait, pour ainsi dire, visible l'ame de cet homme rare.

La rigueur excessive de l'hiver avança probablement sa fin , et il n'y prenait pas garde. Ses lectures , ses occupations littéraires diminuaient d'intensité, mais étaient toujours les mêmes, et remplissaient tout le temps qu'il ne donnait pas à l'amitié. Il aurait pu faire écrire sur sa porte, comme Maynard sur la sienne:

Cest ici qne j'attends la mort, Sans la désirer ni la craindre.

Elle le menaçait depuis long- temps, et l'atteignit «nfin dans le courant d'avril. Le ^5 de ce mois (6 floréal), il alla dîner chez madame de Choiseul, quoiqu'incommodé depuis quelques jours de coliques et de dérangement d'estomac. La sai^n était rude encore, et il fut peut-être saisi du froid en revenant. C'est ce qu'a pensé son médecin (i), homme habile et sensible, qui le soignait. avec affec^oo. La soirée du malade se passa chez lui, comme à l'ordinaire, entre trois ou quatre amis avec qui la conversation ne tarit point ;

(i) M. Poissonnier Desperrières.

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