DC J. J. BARTHELEMY. XLVII
mais dans la nuit il fut vraisemblablement surpris d'une faiblesse qui ne lui laissa pas le temps de tirer sa sonnette: car il ne permettait jamais que personne couchât dans sa chambre. Comtois , son excellent domestique, y entra de lui-même, par inquiétude, à huit heures du matin , surpris que l'abbé , qui était fort matinal , ne l'eût point encore appelé. Il le trouva sans connaissance , les pieds dans le lit et la tête sur le parquet. Il le coucha. La connaissance revint peu à peu; mais la fièvre était déclarée, et ne cessa plus. La toux devint fatigante, et l'expectoration pénible. La poitrine se remplit, et cet excellent homme s'endormit du sommeil des justes et des sages, sans douleur, et peut-être sans voir sa fin, quoique ayant conservé toute sa connaissance jusqu'à son dernier moment.
Ce moment cruel pour ses amis et pour les lettres arriva ie 3o avril (i i floréal) de la présente année, à trois heures après midi, et ne fut annoncé par aucune souffrance, â une heure, Barthélémy lisait paisiblement Horace; mais ses mains déjà froides ne pouvaient plus tenir le livre, et il le laissa tomber. Sa tête se pencha ; il paraissait dormir ; on le croyait. Son tendre neveu , qui ne le quittait pas un seul instant, le crut lui-même, et ne perdit cette douce illusion qu'au bout de deux heures , en s'apercevant qu'il n'entendait plus la respiration de son oncle.
Ainsi mourut, avec le calme qui avait régné dans