PRÉFACE
DE I/ÉDITEUR
JLa réputation d'un écrivain pendant sa vie, ne nuit que trop souvent à sa mémoire par l'empressement qu'on a de publier après sa mort ses œuvres inédites. A peine est-il expiré qu'on ouvre tous ses porte -feuilles, qu'on fouiJJe les endroits de son cabinet les plus cachés , etc. Rien n'échappe à l'œil scrutateur de ses éditeurs, qui se hâtent à vider Je sac, suivant l'expression de Fontenelle , sans s'embarrasser guère de ce qui s'y trouve. De là cette quantité d'écrits, condamnés à l'oubli par. leurs propres auteurs, qui n'ont cessé de paraître, au mépris quelquefois de leur
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dernière volonté. On a plus fait encore au commencement de ce siècle : les moindres remarques, les anecdotes futiles, des bons ou mauvais mots, échappés aux gens de lettres plus ou moins connus, tout a été recueilli sous le titre èiAna; ouvrages dont le succès passager annonçait déjà la lassitude des esprits, le dégoût du véritable savoir, et la décadence des lettres. Le goût des choses frivoles est pire que Tignorance , et précède toujours les temps de barbarie.
Vint ensuite une foule d'ouvrages, les uns dérobés aux héritiers des, auteurs , ou publiés sans leur consentement, les autres altérés ou même supposés, plusieurs simplement ébauchés ou informes; enfin, presque tous jugés avec trop d'indulgence et adoptés avec peu de discernement. Jamais le triomphe de la licence ne fut plus complet; et l'immoralité de notre siècle se manifestait dans les actions qui en
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paraissaient le moins susceptibles. De ce nom* bre est sans doute celle qui fait outrager , par avidité, les mânes respectables d'un homme célèbre , en mettant au jour des écrits posthumes qui peuvent obscurcir sa gloire. J'espère qu'on n'aura aucun de ces reproches à nie faire dans l'édition des OEm^res diverses de J. J. Barthélémy y l'illustre auteur du Voyage d'Anacharsis. Quoiqu'elles ne soient composées que d'opuscules, de fragments, de let^ très, etc., elles n'offrent pourtant que des pièces qui font honneur ou à son esprit ou à son cœur; dans lesquelles on retrouve son goût , sa sagacité et son érudition. Toutes donnent de lui une idée avantageuse , et quelques-unes ajoutent encore à celle qu'on en avait déjà. D'ailleurs, il avait lui-même fait, en quelque sorte , lé choix de ces pièces , puisqu'il en brûla , peu de temps avant sa ntort, un grand nombre, vraisemblablement toutes celles
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dont il ne voulait pas qu'après sa mort on fît le moindre usage.
On n'entre ici dans aucun détail sur cha- .
cune des mêmes pièces, parce qu'on le trouver^ dans les avertissements qui précèdent les six sections dans lesquelles on les a classées- La première renferme un traité de morale; la seconde , un roman ; la troisième , un poème ; la quatrième, des analyses littéraires; la cinquième , des mémoires sur l'antiquité , les arts , les fragments d'un voyage en Italie; et la sixième, quelques chapitres précieux d'un traité de science numismatique , un mémoire ou compte rendu sur le Cabinet des médailles, des lettres diverses, etc. On n'a point osé mettre dans ce recueil les écrits de Barthélémy qui font partie des Mémoires de l'académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; ils y sont à !*âbri des injures du temps et hors des atteintes de l'ignorance. D'ailleurs , le citoyen Bar-
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thélemy de Courçay, neveu du savant' académicien et zâateur éclairé de sa gloire, se propose d'en former une collection particulière , d'après les vues de son oncle , lorsqu'il aura publié la nouvelle édition du Voyage cC Anacharsis y qui est actuellement sous presse. Trois éloges de Barthélémy oht paru peu de temps après sa mort *. Le premier a pour ti-
^ Outra Jes trois «loges cités par le baron de Sainte- Croix, l'éditeur des Œuvres complètes de Barthélémy lait mention de deux autres : celui publié par ^» L. MU^ /ùij in 8° de a4 p^g^^^ jugé superficiels irmxact et incomr plet; et celui qui fut pronoacé à une séance publique de la deuxième classé de Flnstitut, le i3 août 1806, par M. de Boufflers, L éditeur s exprime ainsi (page liv de sa notice) sur le mérite de cet éloge : « L'ingénieux au-* « teur du conte d'Aline et de quelques pièces fugitives « paraissait peu propre à louer un archéologue. Mais si « M. de BoufBers n'a pu atteindre la hauteur de son «• sujet, il s'est du moins élevé au-dessus de lui-même :
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