‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 41 sur 59 · POÉSIE · texte numérisé non relu

POÉSIE

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AVERTISSEMENT

DE L'EDITEUR

i ouT homme qui a beaucoup d'imagination et de sensibilité est certainement poète. Quand on a lu les ouvrages de Barthélémy, il serait bien difficile de lui refuser ces deux qualités précieuses, sans lesquelles on ne peut être qu'un froid et insipide écrivain. Mais il ne s'en servit que pour orner la science, et répandre de l'agrément et de l'intérêt sur les matières qui en paraissaient le moins susceptibles. On ne se serait pas attendu qu'il eût fait de^ vers; il s'était pourtant amusé quelquefois à composer des énigmes, des logogriphes et autres pièces légères qui ont été insérées dans lé Mercure, Ses amis se t'appellent que daas toutes il y avait de l'esprit et de la grâce, sans néanmoins s'en souvenir assez pour les désigner, parmi le grand nombre qu'en renferme ce journal. Le petit poëme que nous publions aurait eu indubitablement le même sort, si l'amie respectable qui y a donne lieu n'eût pas voulu le conserver.

Le genre héroïco-burlesque. est fort ancien , puiscju'on attribue à Homère \dL Batrachomyornachie ou Combat des rats et des grenouilles. Ce grand poëte a pu sans doute se délasser par ce badinage. S'il n'est pas de lui, il appartient du moins au cinquième siècle avant l'ère vulgaire. Depuis cette époque plusieurs poètes se sont exercés dans ce genre. Il a , comme presque tous les autres, un but moral, quoique peut-être moins sensible. Ce but est de déconcerter la vanité, d'humilier l'orgueil et de montrer le néant de toutes choses , en assimilant les plus petites aux plus grandes, les moins dignes de nos regards à celles

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qui les fixent davantage , et en donnant aux unes et aux autres une égale' importance par la manière de les exprimer. La leçon naît du contraste , mais , pour qu'elle soit frappante et qu'elle plaise, il faut de la verve et de Toriginalité. On jugera combien Barthélémy en a mis dans sa Chanteloupée ou Guerre det puces ; auparavant il est nécessaire de l'entendre lui-même appréciant cet opuscule.

« Un bel esprit y dit-il, dans une note préliminaire, trouverait « sans doute que cette plaisanterie , faite à la campagne il y a « près de trente ans , ne devait pas être conservée. Je le sais « aussi bien que lui , mais je sais encore qu'il n'est point de sa- « crifice d'amour-propre que je ne dusse à la personne que j'a- « vais tâché d'amuser par ces mauvais vers, et qui témoigna. le « désir de les garder. »

On pardonne sans peine des négligences et des incorrecdons dans ces sortes d'écrits, ouvrages de société, dont le mérite, quel qu'il soit, dépend beaucoup de l'à-propos , des circonstances, et du caractère des personnes pour lesquelles ils ont été composés. C'était dans les soirées de Chanteloup, que Bartbélemy passait au sein de l'amitié, et pjfrmi des gens du monde spiritueb et aimables, où l'envie de plaire l'engageait à se livrer quelques instants à de pareilles distractions. Il s'y permit même un jour de parodier une séance publique de l'académie française et mit, dans la bouche de l'abbé de Yoisenon , mi discours plein d'esprit et de rapprochements assez piquants. Hais ce dernier genre de plaisanterie , qui ne peut être animé que par des traits plus ou moins satyriques, ne convenait pas à Barthélémy, la méchanceté n'étant jamais encrée dans son comr.

LA CHANTEI.OUPÉE,

OU

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