‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 56 sur 59 · LES TABLES · texte numérisé non relu

LES TABLES

son eaceiiite la plus grande partie du royaume de Naples. Messieurs de Tacadémie des Sciences , qui ont adopté cette opinion (i), pensent en conséquence que rétendue de la Grande-^îrèce était à peu près égale à celle de Fancienne Grèce proprement dite; c'est-à-dire, du Péloponèse, de l'Achaïe et de la Thessalie. L'auteur se déclare pour le sentiment de Pline (2) , qui la fait commencer à Locres , et , la bornant par les trois golfes , de Locres, de Scylax et de Tarente, lui donne quatre-vingtsix mille pas d'étendue selon Varron , et soixante^ quinze mille selon d'autres. M. Mazochi, après avoir montré que Ptolémée s'accorde à cet égard avec Pline , remarque que le mont Apennin , en approchant du golfe de Tarente , se partage en deux bras , dont la gauche s'étend au promontoire JapygiuSy et l'autre au promontoire Zéphyrius. L'étendue comprise entre ces bras de l'Apennin et les trois golfes dont on a parlé, formait ce qu'on appelait proprement la 6rande- Grèce. Ce n'est pas qu'il n'y eût des villes grecques répandues tant sur les côtes de la mer Adriatique , que sur celles de la Toscane, mais elles n'étaient pas comprises sous le nom de la Grande -Grèce. Nous entrerons à leur égard dans quelque détail, après que nous aurons

(i) Mémoires de l'année 1714.

(a) A Locris ItaUœfronsincipit, Ma^naGrœciaappeliatay m très sinus recedens Ausonii maris; quoniam Ausonii ienùere

pruni : pcUct octaginta sex M, pass. ut auctor est Varro^ Plcrrique LXXV M,fecere. Plin. lib. III, cap. 10.

d'h^raglee. 97g

expliqué le sentimetït de l'anteur sur ForigiTie de cette dénomination.

Elle subsistait du temps de Pythagore, qui vivait vers Fan 200 de Rome : Polybe , Cicéron , Valèrè- Maxime et autres auteurs dont on produit les témoignages , ne permettent pas d'en douter : et l'on voit parle récit de Tite-Lrve (1. XXXI, c. 7), quelle subsistait encore l'an 553; mais vers l'an 600, du temps de Polybe , elle n'était plus en usage. Aussi les écrivains qui ont vécu après Auguste ne manquent pas de rapporter cette dénomination à des temps qui les avaient précédés. Elle n'occupe donc que Fintervalle qu'il y a entre les ans aoo et 600 de Rome , ^t elle ne prit fin que parce que les villes grecques adoptèrent insensiblement la langue et les lors des villes baAares qui étaient voisines. Cette observation ne conduit -elle pas naturellement à donner à Pythagore l'origine de cette dénomination : c^est aussi ce qu^assurent positivement lamblique et Porphyre, en disant que cette partie de l'Italie , qui fut appelée la Grande- Grèce, dut ce nom à Pythagore, qui la rendit célèbre par les écoles de philosophie qu'il y établit. M. Mazochi ne doute pas que plusieurs Romains ne vinssent prendre des leçons de ce philosophe ou de ses disciples, et que les trois dépptés de Rome , qui furent chargés de recueillir les lois des Grecs, n'aient visité les villes greôques d'Italie, avant de passer à Athènes. Denys dUalicarnasse (1. X) rapporte, en effet, que, dans le sénat, l'avis de Romilius fut d'envoyer des députés, soit dans

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