‹ uvres diverses de m. RogerChapitre 139 sur 235 · ACTE I, SCÈNL; VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNL; VII

COURVILLT-.

Oui, VOUS croyez?... Eh bien! soyez plutôt malade.

ARMAND

Comment?

COURVILLE

Nous sommes seuls; tenez, parlons sans peur : Ayez la fièvre, et moi je paierai le docteur.

Plaît-il ?

COURVILLE

Ne plaidez point, et ma reconnaissance...

ARMAND

Alil j'entends! vous vouiez acheter mon silence.

COURVILLE

Acheter ! moi ! fi donc î Mais quoi ! je sais fort bien Que da)is ce monde-ci l'on ne fait rien pour rien ; On cherche à s'arrondir... Accepter n'est pas prendre; PrometLie son silence, enfin, n'est pas le vendre.

ARMAND

Me connaissez-vous bien pour me parler ainsi?

COURVILLE

Mais vous êtes pour nous trop dangereux aussi.

ARMAND

Ah! vous me croyez donc homme à gagner ma cause?

COURVILLE

J'en tremble.

ARMAND

Et pensez-vous que ce fût autre chose Si je ne la plaidais?

COURYILLE.

Parbleu ! quel préjugé!

Le cher Duclos perdrait avant d'être jugé.

Eh quoi! je lui serais, monsieur, si nécessaire, Et je balancerais à plaider son affaire ! Et je m'exposerais à faire publier Qu'on peut pour quelque argent?,..

COURYILLE.

D'abord on peut nier.

Mais, qui d'ailleurs sur vous forgerait cette histoire?

ARMAND

Vous l'avez bien pensé... d'autres peuvent le croire. Ah! dût-il de mes jours m'en coûter le bonheur, Je préviendrai ce bruit fatal à mon honneur. La cause de Duclos est désormais la mienne, Et je la plaiderai sans que rien me retienne.

COURYILLE, d'un Ion à demi fanfaron.

Et si l'on vous priait de ne pas la plaider?

ARMAjND.

J'en rirais. On ne peut pas plus m'intimider , ^Monsieur, que me séduire, et de vos bonnes grâces Je suis aussi touché qu'ému de vos menaces.

COURYILLE.

Oui... parbleu! nous verrons; je suis entreprenant...

ACTR I, SCÈNE VIII. 3a3

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