ACTE I, SCENE III. 4o
Non, tu ne le crois pas. Je le vois, tu blâmes ces messieurs.
LE ROI
Mademoiselle voudrait-elle que nous restassions?
ÉLISKA
Mais s'il y avait assez de monde pour battre ces pauvres Turcs, je ne vois pas pourquoi vous quitteriez vos parents, vos amis, et...
FÉDÉRIC
Et peut-être la beauté qu'il aime.
Voilà le mérite.
LE ROI , regardant Eliska avec passion .
Il est sûr qu'il faut im grand courage pour s'éloigner d'une femme qu'on aime... surtout, si on a le bonheur d'être aimé.
LE COMTE, à part , qui a surpris ses regards.
Me Irompé-je? quels soupçons!... (haut.) Allons, allons, messieurs, en attendant que vous battiez les infidèles, voyons si vous me battrez; faisons une partie d'échecs.
( Il va se meltre au jeu. )
LE ROI , bas à Fédéric .
Demande à jouer avec lui.
F^DÉRlC.
Monsieur le comte, voulez-vous ((iic je preuuc une leçon de vous?
Oh! non, je veux gagner monsieur; (moniramleroi. ) il m'a vaincu hier. Allons , monsieur Ramire.
LE ROI , à part.
Je ne pourrai causer avec elle, (haut.) Monsieur, avec grand plaisir. ( se mettant au jeu. ) Mais vous aurez bon marché de moi; j'ai la tête un peu malade, et c'est vraiment pour vous complaire...
Cela se passera, au bout de cinq ou six parties....
( Eliska s'est mise à broder. ) ÉLISKA. , à Fédéric.
En effet ç, voilà un excellent moyen de gut'rir!
LE COTITE , au roi qui regarde souvent Éliska .
Vous n'êtes pas trop à votre jeu.
LE ROI
Il est vrai ; je vous l'ai dit, je suis mal à mon aise.
FÉDÉRIC, à part.
Il serait mieux où je suis.
Mais que faites- vous donc.-^ vous jouez avec mes pièces !
LE ROI
Pardon! véritablement, je suis incapable de m'appliquer. Tenez, monsieur le comte, permettez que je me borne à conseiller mon ami ; ce sera toujours jouer ( onlre moi.
\ la bonne houro.