SCENE I
DESROSNAIS , regardant Caroline.
Ah! elianuante !
Oui?... Mais bon! vous me flattez, je gage?
DESROSWAIS.
Cela ne se peut pas.
CAROLINE , se levant.
J'ai soigné cet ouvrage.
Je travaille vraiment avec plaisir ici.
DESROSNAIS.
Cependant , vous quittez cet appartement-ci : Un écriteau l'annonce.
Oui, l'on m'en cherche un autre.
DESROSNAIS.
Pourquoi , si vous l'aimez , ne pas garder le vôtre?
11 est trop cher. Mon père était peintre , et déjà Veuf depuis quatorze ans quand la mort m'en priva. D'un peintre il m'a laissé le modeste héritage : Sans parents , sans tuteur , je n'ai pour tout partage Que les soins de Dubreuil, ses conseils, ses leçons. Dans cette maison-ci tous deux nous demeurons : Il est près d'en sortir : en docile écolière, Je suis mon protecteur et l'ami de mon père. Puis , sans être à l'abri d'un malheur imprévu , Dois-je donc en loyers manger mon revenu?
DESROSNAIS.
A juger vos n.oyens par votre bienfaisance,
y 28 CAUOLl>K,
Qui ne vous croirait pas dans la plus grande aisance?
On s'enrichit, je crois, en faisant quelque bien. L'indigent n'a que peu, mais l'avare n'a rien *.
DESROSKAIS , à part.
Ah ! quelle amel
(liautO
Ainsi donc , vous êtes décidée A vous loger ailleurs?... J'approuve votre idée... Oui... vous avez raison... La maison, en effet, Est vieille , triste... enfin ce n'est point votre fait... Je prévois que dans peu j'en sortirai moi-même.
Yousî... Mais vous la trouviez d'un agrément extrême!
DESROSjVAIS, embarrassé.
C'est que... j'y travaillais : votre exemple, vos goûts , Cette conformité... d'études... Mais, sans vous. Je deviendrai , je crois, paresseux.