‹ uvres diverses de m. RogerChapitre 91 sur 235 · C.UîOLIlNE, gaimenl · texte numérisé non relu

C.UîOLIlNE, gaimenl

La paresse M'anrait gagnée aussi , sans vous, je le confesse.

DESROSNAIS.

Pour moi , je me disais , en prenant mes crayons : c( ]e ne puis égaler ma voisine; essayons (( De mériter du moins une fois son suffrage. » Et je voyais alors avancer mon ouvrage.

(l) Avanis ipse raiscrirr* causa es* sua?.

PoB, Strds.

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Mou dessin devenait plus correct et plus pur, Et ma main plus légère , et mon coup d'oeil plus sûr. Me manquait-il papier, plumes, pinceaux? surThein-e Je les trouvais chez vous , sans quitter ma demeure. Vous êtes orpheline : eh bien! pour vous du moins Ma vieille gouvernante était aux petits soins , Vous épargnait l'ennui de mainte bagatelle : Elle sortait pour vous; vous écriviez pour elle. N'était-il pas charmant cet échange de biens , De services, d'égards?... Puis, quels doux: entreliens 1 Mais vous partez! xldieu les plaisirs et l'étude; Sans vous, Paris pour moi n'est qu'une solitude.

caroli:n^e.

Vous redoutez l'ennui! vous , monsieur Desrosnais ! De plaisirs , à Paris, manquerez- vous jamais? Jeune, plein de talents, avec votre fortune...

DESROS^A-IS.

Ma fortune! elle m'est inutile, importune : Qu'en faire seul?

Ah! ah! l'embarras est nouveau !

A eus trouverez des gens qui de ce grand fardeau Sauront vous soulager.

DESROSNAIS, timidement.

Si j'avais une amie Qui voulût «1 la mienne associer sa vie. Qui fût pauvre , qui n'eût, pour tout bien , que son cœtir Et ces douces vertus, gages d'un vrai bonheur, Je jouirais alors! Ah ! quelle joie extrême

25o CAROLINE,

D'cniicliir la beauté qu'on respecte, qu'on aime, Et qui , pour un peu d'or , vous apporte en retour Des dons plus précieux, et l'estime et l'amour !

Mais , monsieur , pensez-vous qu'une femme, (fut-elle D'attraits aussi pourvue, aussi tendre , aussi belle Que vous le souhaitez), mais pauvre, mais sans biens , Puisse, sans qu'on la blâme, accepter ces liens?

DESROSNAIS.

Quoi !

Vous avez en vain des qualités aimables. Le monde, toujours prêta nous trouver coupables, Dirait que votre femme, en s'unissant à vous, A cherché la richesse encor plus qu'un époux.

DESROSNAIS.

Eh ! le monde...

A raison. Sa critique sévère Aux nœuds mal assortis met un frein nécessaire. Quoi de plus malheureux, en effet, qu'un lien Où l'un apporte tout, où l'autre ne met rien !

DESROSNAIS , avec ame.

Ah! ciel! que dites- vous ! N'est-ce rien , en ménage. Que la conformité d'humeur, de goûts et d'âge? N'est-ce rien, dites-moi, que ces égards touchants. Ces paroles d'amour et ces soins caressants. Si l'ares parmi nous , si communs chez les femmes ? Ot art de consoler, de réchauffer nos âmes?...

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