‹ Œuvres diversesChapitre 22 sur 69 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

J'<entends hennir le fier coursier ; Uacier retentit sut Faeier ; UOlympe épouvante résonne Des cris du vaincu , du vainqueur'; Autour de moi le sang bouillonne :

A ces tableaux 'mon cœur frissonne 9

Et la Pitié plaintive a crié dans mon cœur.

D*viû atk* moins turbulent T Ambition. nf^appelle. Sublime quelquefois y et trop souvent cruelle :

Pour commander 'y j'obéis à sa ioi.

Puissant dominateur de la terre et' de Tonde ^ Je dispose à mon gré du mou^e i £t ne puis disposer de moi. *

Ainsi , d'espérances nouvelles Toujours avide et toujours dégoûté , ^ Vers une autre félicité Mon ame ardente étend ses ailes ; Et rien ne peut calmer^ dans^les choses mortelles ^ Cette indomptable soif de rimmorlUiité,

LoTsqu'en fltonrant le sage cède Au décret éternel donftout subit la loi ^ Un Dieu lui dit : « J'ai réservé pour mot

L'éternité qui" te précède ; ' L'éternité qui sWance est à toi. ». ^

Ah ! que dis-je ? écartons ce profane langage !

L'éternité n'admet point le partage :

Tout yitière en toi seul Dieu sut la réunir ; Dans lui ton existence à jamais fujt tracée ; Et déjà ton être à venir

Etait4)résent à sa vaste pensée.

Sois donc digne de ton auteur ;

Ne ravdle point la hauteur

De cette origine immoictellé !

Eh ! qui peut mieux t'enseigper qu'elle ^ A braver des i'aux biens Teclat ambitieux?

Que la terife est petite à qui la voit des cieux! Que semble à ses regards l'ambiHon superbe.?

C'est de cesVers raçopans , dans leur humble cite , Vils tyrans <desgazonSy cohquërans d'un brin d'herbe ,

L'invisible rivalité. - Tous ces objets qu'agrandit l'ignorance ^

Qùetcolore la vanité^ Que sont-ils^ aperçus dans un lointain immense ^ Des célestes Hauteurs de l'immortalitë^?

C'est cette perspective 9 en grands pensers féconde ; C'est ce Boolè avenir qui, bien mieux que ces lois Qu'inventa deToreueil l'ignorance profonde ^ Rétablit en secret l'équilibre du monde } Aux jeux de l'Eternel égalé tous \0n droits, Nos rires passagersî nos passagères larmes ; Ote aux tnaax leur tristesse ^ aux voluptés leurs

[charmes } De l'homme vers le ciel élance tous les vœux. Absent de cet atome 9 et présent dans les cienx y Voit-il , daigne-t-il voir s'il existé une terre , S'il j brille un toleil , s'il j gronde un tonnerre y S'il est là des héros ^ des grands ^ des potentats | Si l'oii y fait la paix , si l 'on y fait la guerre , Si le sort y ravit ou donne des états?

Eh ! qui J du sommet d'un coteau

laO ODES.

' Voyant le Nil au loin rouler ses eaux pompeuses , Détournerait les jeux de ce riche tableau |

Et de ces eau^ majestueuses , Pouf entendre à ses pieds murmurer un ruisseau P

Silence.i êtres mortels ! vaines grandeurs , silence ! L'obscurité, Técldt^ le savoir^ l'ignorance, La force , la fragilité | Tout y excepté le crime et rinnocence , Et je respect d'une juste puissance ^ Près du vaste avenir^ courte et frêle existence,. Aux yeux déseocbanteurs de la réalité, , Descend de sa haute importance ^ Dans l'éternelle égalité.

Tel le vaste Apennin , de sa cime hautaine , Confondant à nos- jeux et montagne et vallon , D'un monde entier ne forme qu'une plaine , Et rassemble en un point un immense horizon.

Ah ! si ce noble instinct , par qui du grand Homère , Par qui des Scipions l'çsprit fut enfanté , N'était qu une vaine chimère , Qu'un vain roman par l'orgueil inventé , Aux limites de sa carrière , D'où vient que l'homme épouvanté, j

A Faspect du néant , se nejette en arrière ? * <

rourquoi, dansTiostabililé . '

De cette demeure inconstante , I

Nourrit-îl cette longue attente i

De l'immuable éternité? . «

Non , ee n'est point un vain sjstème 5

Hiact profond vainement eQmbattu ;

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