‹ Œuvres diversesChapitre 4 sur 69 · SUR LES VOYAGES · texte numérisé non relu

SUR LES VOYAGES

Enfin ^ grâces aux mains dont^a sage culture |

Dans toi , sans.ralterer embellit la nature,

Et les dons de Tautomne enrichir ton printemps 1

Ton goût s'est épure ^ Te'tude de Thistoire

A mûri ta raison , en ornant ta mémoire.

L'art des vers t'a prête ses brillantes couleurs ; -

La morale ses fruits , l'éloquence ses fleurs.

A rheureuse union de ces grands avantages

Que manque-t-il encor ? Le secours des voyages.

« Qui,jçoi ! que je m'arra4;he à mes amusemens, Pour des peuples grossiers , ou de vieux monumens ! Que j'iiille déterrer d'augustes antiquailUes , User mes jeux savans sur d'obscures médailles. Consulter des débris , admirer des lambeaux y Et fuir loin des vivans pour chercher des tombeaux I »

Nous voyons ton génie ëclas avant le temps ^ Ainsi s'exprimerait quelque marquis iolâtrei De ses fades plaisirs amateur idolâtre ,

Captif dans uo salon de vingt glaces orne , Et dont l'esprit encore est cent fois plus i)orne'.

Loin de ce cercle étroit la nature t'appelle ^

Va goûter les plaisirs aussi varies qu'elle :

Pour toi sa main féconde , en mille êtres divers |

Nuança le tableau de ce vaste univers.

Aux rives de Marseille , où le commerce assemble

Vingt peuples étonnes de se trouver ensemble ^

L'humble sujet des rois^ le 6er républicain ,

Et le froid Moscovite , et le noir Africain ,

Et le Batave actif sorti du sein de Toiide,

Tu vois avec plaisir cet abrège' du monde.

Quels seront tes transports quand des mœurs et des arts

Le spectacle agrandi va frapper tes regards ?

Lorsqu'à tes veux surpris tant de peiiples vont naître?

Le premier des plaisirs , c'est celui de connaître ;

C'est pour lui qu'un mortel , noblement curieux ^

S'arrache au doux pa js où vivent ses aïeux ,

£t, loin d'un tendre ami , d'une épouse adorée ,

Même loin- des regards d'une mère éploréc.

Tantôt chez des humains plus cruels qne les ours y

Va chercher la nature au pe'ril de ses jours.

Tantôt, parmi des feux et des torrens de soufre,

Approchant de l'Etna le redoutable gouffre,

Pour sonder les secrets de ses feux consumans ,

Marche d'un pas hardi sur ses rochers fumans ;

Tantôt, courant chercher dansles murs de Palmjre

Ces superbes débris que l'étranger admire ,

Affronte et des brigands l'horrible avidité.

Et d'un vaste désert la triste aridité,

Et d'un ciel dévorant la flamme étincelante,

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